Après avoir écarté Tidjane Thiam de la présidentielle au « nom d’une ivoirité 2.0 habillée en juridisme », voilà que le même scénario refait surface. Cette fois, c’est sa sœur, Yamousso Thiam, que l’on cherche à empêcher de se présenter aux législatives, sous prétexte qu’elle posséderait la nationalité française.
Mais enfin: qu’est-ce qui ne tourne pas rond en Côte d’Ivoire ? Yamousso devait affronter son propre frère, Augustin Thiam, pour le siège de député à Yamoussoukro. Et, soudain, on découvre qu’elle serait “trop Française”… alors que son frère, lui, ne poserait aucun problème ?
Soyons logiques : Si Yamousso est effectivement Française, alors Augustin Thiam l’est tout autant, puisqu’ils sont nés des mêmes parents. On ne peut pas inventer une “double nationalité sélective”, modulée selon l’adversaire qu’il faut neutraliser politiquement. Instrumentaliser la nationalité pour éliminer des concurrents est un procédé usé, dangereux et indigne d’une démocratie. La mécanique de l’ivoirité – que l’on croyait enterrée – ressurgit, masquée sous le vernis du légalisme. La Côte d’Ivoire mérite mieux que ces manœuvres d’un autre âge. Elle mérite un véritable État de droit, pas un droit à géométrie variable.
Sylvie Kouamé






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