La décision de dissoudre la Commission électorale indépendante (CEI) continue de susciter interrogations et critiques au sein de la classe politique ivoirienne. L’ancien ministre et économiste Mamadou Koulibaly a publiquement interpellé le pouvoir sur la base juridique de cette mesure.
Réagissant à une communication du président Alassane Ouattara, qui justifiait la dissolution de la CEI par les critiques récurrentes ayant entouré ses activités au cours des vingt-cinq dernières années, Mamadou Koulibaly a posé une question de fond : celle de la légalité de la procédure utilisée.
Selon lui, une telle décision, prise par ordonnance en Conseil des ministres, soulève un problème de compétence institutionnelle. Il s’interroge notamment sur l’existence d’une loi d’habilitation préalable autorisant l’exécutif à légiférer par ordonnance dans un domaine qui relève, en principe, du Parlement.
« De quand date la loi d’habilitation qui vous autorise à prendre une telle ordonnance dans ce domaine ? Quelles en sont les références ? », a-t-il questionné, mettant en doute la conformité juridique de la démarche gouvernementale.
Cette sortie relance le débat sur l’équilibre des pouvoirs en Côte d’Ivoire, notamment entre l’exécutif et le législatif, dans un contexte où la réforme du système électoral apparaît comme un enjeu central.
Alors que le gouvernement défend une volonté de refondation visant à renforcer la crédibilité du processus électoral, des voix critiques, comme celle de Mamadou Koulibaly, insistent sur la nécessité de respecter scrupuleusement le cadre constitutionnel afin d’éviter toute contestation future.
Ce débat juridique pourrait ainsi devenir un élément clé de la séquence politique ouverte par la dissolution de la CEI, au-delà des considérations purement techniques ou institutionnelles.







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