Le gouvernement ivoirien s’engage à juger tous les prévenus de la crise post-électorale d’ici le scrutin de 2015
Abidjan, 5 mai 2014 (AFP)
Le ministre ivoirien de la Justice Gnénéma Mamadou Coulibaly s’est engagé dimanche à ce que l’ensemble des prévenus de la crise postélectorale de 2010-2011 soient jugés avant l’élection présidentielle d’octobre 2015.
« Il faudrait nécessairement que nous y parvenions pour que les prochaines élections se passent avec une page totalement tournée », a estimé M. Coulibaly sur le plateau de l’émission « Internationales » de TV5-Monde, en partenariat avec RFI et Le Monde.
« Avant, très peu de dossiers étaient en état d’être jugés. Aujourd’hui, la majorité des dossiers sont prêts à être jugés. Certains en correctionnelle, d’autres aux assises », a poursuivi le ministre.
Le chantier judiciaire, encore loin d’être résolu, est le principal frein à la réconciliation en Côte d’Ivoire, où plus de 3.000 personnes périrent entre décembre 2010 et avril 2011, quand le président Laurent Gbagbo refusa de reconnaître sa défaite face à l’actuel chef de l’Etat Alassane Ouattara.
La société civile, tout comme de nombreux diplomates, critiquent abondamment une « justice des vainqueurs », ou « justice à deux vitesses », qui voit les sympathisants de M. Gbagbo être poursuivis mais pas ceux du président Ouattara, dont certains sont pourtant fortement soupçonnés de crimes de guerre.
La « présomption d’innocence » prévaut, a répondu le ministre Coulibaly, qui a également promis aux pro-Gbagbo rentrés au pays après plusieurs années d’exil de ne pas être placés en détention jusqu’à ce qu’ils soient reconnus coupables.
« On ne peut pas vouloir la réconciliation et demander l’arrestation systématique de ceux qui reviennent pour répondre sur des faits qui leurs sont reprochés », a-t-il dit, assurant que les « coupables purgeront leur peine », sauf s’ils bénéficient de « mesures de grâce ».
Le ministère de la Justice est l’un des parents pauvres du gouvernement ivoirien, avec un budget évalué à « 0,97% » de celui de l’Etat, a-t-il indiqué.
Mais il y a une « volonté manifeste d’aller de l’avant, a assuré Gnénéma Mamadou Coulibaly. « D’ici peu, nous allons juger tous les dossiers de la crise postélectorale », a-t-il réaffirmé, visiblement optimiste.
© 2014 AFP
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