Le déguerpissement de la zone de » Koumassi-campement » a choqué de par son ampleur, et surtout son caractère illégal. A ce jour l’histoire n’est pas close. Il a été présenté comme l’exécution d’une décision de justice au profit d’un certain Brou Alloui Jacques, qui « revendiquait tout le site » ( 34 hectares ) !!! Mais il est apparu très vite que la décision de justice ne concernait que » 05 maisons » et non l’ensemble du site. Des milliers de personnes se sont retrouvées sans toit au soir du 03 Juin, en pleine saison pluvieuse.
Depuis le principal concerné, le sieur Alloui Brou Jacques, était activement recherché. Son arrestation le 18 Juin dernier aurait dû aboutir à l’éclatement de toute la vérité. Après l’audition du Maire de Koumassi, du directeur technique du District d’Abidjan, et du propriétaire de l’entreprise qui a été sollicité pour les démolitions, le procureur a annoncé la détention de monsieur Brou Alloui au pôle anti-terroriste !!! Depuis, plus rien ne filtre. Mais avait-on vraiment besoin d’arrêter monsieur Brou Alloui Jacques pour remonter au donneur d’ordre ?
L’entreprise chargée du déguerpissement de koumassi-campement est la même que celle qui est intervenue dans les déguerpissements à Vridi et Port-Bouët, quelques jours avant. Ce sont les mêmes éléments de la police qui ont encadré tous ces déguerpissements. Dès lors, il était évident depuis le début, que le déguerpissement de » Koumassi-campement » portait la marque du District d’Abidjan.
Si tant est que Monsieur Alloui Brou détenait une « décision » lui faisant droit dans ses revendications sur le site, il est pour le moins curieux que la décision soit mise en œuvre dans la foulée des déguerpissements à Port Bouet et Vridi. Une coïncidence ? En vérité, la zone était dans le viseur de Bacongo lorsqu’il était maire de Koumassi ( 2018 – 2023 ). Il avait rasé tous les quartiers précaires, à l’exception du « campement » car beaucoup détenaient des titres de propriété. Ayant sans doute connaissance du document en possession d’Alloui Jacques, il a pu convaincre celui-ci de le mettre en avant, lui promettant le soutien du District.
Cette affaire jette un nouvel éclairage sur Cissé Bacongo. On le savait dénué de compassion, d’une extraordinaire méchanceté, on sait aujourd’hui qu’il est aussi dénué d’un discernement avancé. Pour dire les choses simplement, il n’est pas doté d’une grande intelligence, pour avoir cru qu’on ne remonterait pas à lui. La séquence montre aussi sa malhonnêteté. Il s’est appuyé sur un document qu’il savait faux pour mettre des milliers de famille dans la rue, sans le moindre accompagnement. Egalement sa lâcheté. Incapable d’assumer, il laisse un autre se faire acuser à sa place.
La responsabilité de l’Etat est entière. Ce déguerpissement a valeur d’expropriation. Les propriétaires doivent ainsi être dédommagés en bonne et due forme. La justice ivoirienne ira-t-elle jusqu’à établir la culpabilité de Bacongo ? Cela reste peu probable, même si dès le départ le procureur a déclaré illégal ce déguerpissement. A 71 ans, ministre depuis 2005 soit presque vingt ans, Bacongo devait être sur la touche au profit des plus jeunes. Mais le président Ouattara le maintient toujours dans la place. Quel lien secret ou « mystique » unit ces deux hommes ? Certains disent qu’il se voit en successeur du président.
Douglas Mountain
oceanpremier4@gmail.com
Le Cercle des Réflexions Libérales






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