Les divorces politiques ont parfois un goût de déjà-vu. Celui d’Ahoua Don Mello avec le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) s’inscrit dans cette catégorie. Bien avant que Laurent Gbagbo n’accède au pouvoir, l’ancien ministre avait déjà tenté de voler de ses propres ailes avec « La Renaissance », une aventure qui s’était soldée par une cuisante déconvenue longtemps avant la présidentielle de octobre 2000. L’expérience l’avait finalement ramené auprès de celui qui demeurait son mentor politique.
Vingt-six ans plus tard, les mêmes ingrédients semblent de nouveau réunis, mais dans un contexte profondément transformé. Cette fois, Don Mello ne cherche pas seulement à s’affranchir de l’ombre de Laurent Gbagbo. Il ambitionne de s’imposer comme l’un des porte-voix du souverainisme en Côte d’Ivoire, en s’appuyant sur les nouvelles lignes de fracture qui traversent le continent africain.
La première démonstration de force est programmée à Paris. À l’initiative de Michel Mognon, son principal relais en France, les partisans d’ADM sont invités, le samedi 11 juillet, à l’hôtel Mercure de l’avenue Jean-Jaurès, dans le 19ᵉ arrondissement, pour le baptême du Front Souverain. Plus qu’un simple mouvement, cette structure se veut la rampe de lancement de l’offre politique appelée à accompagner l’ambition de Ahoua Don Mello.
Depuis plusieurs années, l’ancien ministre défend un rapprochement assumé avec Moscou et plaide pour une redéfinition des alliances internationales de la Côte d’Ivoire. Son calcul est limpide : transformer le recul de l’influence française dans plusieurs pays africains en opportunité politique, et faire du souverainisme le socle d’une nouvelle ambition nationale. Reste une inconnue de taille : cette stratégie suffira-t-elle à convertir une visibilité médiatique en véritable force électorale, là où ses précédentes tentatives avaient échoué ?
Georges-Eden Bobia
Correspondant à Paris






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