Afrique: Et si nous arrêtions de célébrer les indépendances ?

Par Soumahoro Alfa Yaya

Ma réflexion ne relève ni du panafricanisme radical ni de la nostalgie d’une Afrique idéalisée avant la colonisation. Aucun peuple ne détient le monopole de la civilisation.

L’histoire de l’humanité est faite de rencontres et d’échanges. Léopold Sédar Senghor parlait du « donner et du recevoir ». Les civilisations s’enrichissent mutuellement. La démocratie, par exemple, n’est pas née en Afrique, mais elle est devenue une valeur universelle. Je reste convaincu que le pouvoir doit s’obtenir par les urnes et non par les armes.

Ma réflexion porte sur le sens même du mot indépendance.

Être indépendant signifie avoir cessé d’être dépendant. En célébrant chaque année nos indépendances, nous rappelons sans cesse qu’il a existé un temps où nous étions sous la domination d’un autre.

Cette réalité appartient à notre histoire. Mais doit-elle rester le principal symbole de notre identité nationale ?

À force de célébrer les indépendances, ne risquons-nous pas d’entretenir une mémoire de la dépendance plutôt qu’une culture de la responsabilité ? Une nation se construit aussi avec ses symboles, ses mots et les représentations qu’elle transmet.

Sans effacer l’histoire, il est peut-être temps de ne plus faire de notre ancienne dépendance le principal rendez-vous de notre vie nationale.

Tournons plutôt notre énergie vers l’avenir. Célébrons nos réussites, nos institutions, nos entrepreneurs, nos scientifiques, nos artistes, nos inventeurs et notre démocratie.

Notre destin est désormais entre nos mains. L’heure n’est plus de commémorer la fin d’une dépendance, mais de bâtir une culture de responsabilité, de confiance en nous-mêmes et d’ambition.

Les peuples qui avancent sont ceux qui regardent l’avenir avec assurance. L’Afrique doit développer cette « Positive Attitude ».

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