Bénin: 17 enfants interceptés à la frontière alors qu’ils tentaient de rejoindre la Côte d’Ivoire

Les autorités béninoises ont intercepté dix-sept mineurs à la frontière de Hounsahoué, dans la commune d’Aplahoué, alors qu’ils se dirigeaient vers la Côte d’Ivoire. Cette opération, menée le 28 mai 2026 par le commissariat frontalier de Hounsahoué, relance les inquiétudes sur les phénomènes de migration irrégulière et de traite des enfants en Afrique de l’Ouest.

Selon un communiqué signé par le préfet du département du Couffo, Christophe Megbedji, les enfants, âgés de 12 à 17 ans, voyageaient à bord d’un autobus en partance pour la Côte d’Ivoire. Ils proviennent de plusieurs localités réparties dans les départements de l’Atlantique, des Collines, du Couffo, du Mono et du Zou.

Le département du Zou est particulièrement concerné, avec onze enfants recensés parmi les dix-sept mineurs interceptés. Une seule fille figure parmi eux : Tocha Mireille, 17 ans, originaire d’Agbangnizoun.

Une mobilisation des services de l’État

Après leur interception, les enfants ont été placés sous la protection des autorités compétentes.

Le commissariat de la Police républicaine d’Aplahoué a assuré leur mise en sécurité avec l’appui du Guichet unique de protection sociale. La Direction départementale des Affaires sociales et de la Microfinance du Couffo ainsi que le parquet près le tribunal d’Aplahoué ont ensuite été saisis afin d’assurer leur prise en charge administrative, sociale et judiciaire.

Les autorités cherchent désormais à déterminer les circonstances exactes de ce déplacement collectif et à identifier les éventuels réseaux ou intermédiaires ayant facilité leur voyage.

Les familles invitées à se manifester

Dans son communiqué, le préfet du Couffo invite les parents ou tuteurs légaux des mineurs concernés à se présenter à la Préfecture d’Aplahoué ainsi qu’à la Direction départementale des Affaires sociales et de la Microfinance afin d’entamer les procédures de réunification familiale.

Cette campagne d’information, diffusée en français, en fon et en adja, restera en vigueur jusqu’au 10 juin 2026.

Un phénomène préoccupant en Afrique de l’Ouest

L’interception de ces dix-sept enfants rappelle la persistance des mouvements migratoires impliquant des mineurs dans l’espace ouest-africain. Attirés par l’espoir d’un emploi, d’une formation ou de meilleures conditions de vie, certains adolescents entreprennent des voyages souvent périlleux vers les grandes économies de la sous-région, notamment la Côte d’Ivoire.

Les organisations de protection de l’enfance alertent régulièrement sur les risques auxquels sont exposés ces jeunes : exploitation économique, travail forcé, trafic d’êtres humains, déscolarisation et violences diverses.

Cette affaire met une nouvelle fois en lumière l’importance du renforcement de la coopération entre les États de la sous-région pour lutter contre les réseaux de traite des enfants et protéger les mineurs contre les migrations à risque.

L’enquête ouverte par les autorités béninoises devrait permettre de faire la lumière sur les motivations exactes de ce déplacement et sur les personnes qui l’ont organisé.

 

Avec lanouvelletribune.info

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