L’administration américaine a lancé une vaste campagne diplomatique visant à isoler la Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye. Washington accuse l’institution de mener une « guerre » contre les États-Unis et entend convaincre ses partenaires de se retirer du traité fondateur de la juridiction.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a confirmé cette stratégie dans un message vidéo diffusé après des révélations de Reuters. Il y affirme que « la CPI et ses alliés mènent une guerre contre notre pays » en instrumentalisant ce qu’il qualifie de « prétendu droit international ».
Pressions diplomatiques et nouvelles sanctions envisagées
Selon un haut responsable américain cité anonymement par Reuters, l’administration de Donald Trump étudie plusieurs mesures contre les responsables de la CPI. Parmi les options figurent des interdictions de voyage, le retrait de visas ainsi que le durcissement des sanctions déjà en vigueur.
Washington prévoit également d’exercer une pression diplomatique accrue sur les États membres de la Cour afin qu’ils envisagent leur retrait. L’objectif affiché est d’isoler diplomatiquement la CPI et de l’empêcher d’exercer toute compétence à l’encontre de citoyens américains, notamment les militaires.
Toujours selon cette source, les États-Unis demandent aux pays alliés de contester publiquement la compétence de la Cour pour enquêter sur des militaires américains. Les États qui refuseraient de soutenir cette position pourraient faire l’objet d’une surveillance renforcée dans leurs relations avec Washington.
Un nouveau bras de fer avec la CPI
Cette offensive intervient quelques semaines après une nouvelle escalade entre Washington et la juridiction internationale. Le mois dernier, trois juges de la CPI ont engagé une procédure judiciaire contre le président Donald Trump et son administration, estimant que les sanctions américaines prises à leur encontre étaient illégales.
Les tensions entre les États-Unis et la Cour pénale internationale ne sont pas nouvelles. Dès son premier mandat, Donald Trump avait adopté une ligne particulièrement hostile à l’égard de la CPI. Avant lui déjà, l’administration de George W. Bush contestait la compétence de la Cour pour poursuivre des ressortissants américains.
L’origine du différend
Le principal point de friction concerne les enquêtes portant sur d’éventuels crimes commis par des militaires américains lors d’opérations extérieures.
En mars 2020, la CPI avait ouvert une enquête sur la situation en Afghanistan, incluant des allégations de crimes susceptibles d’avoir été commis par des soldats américains. Depuis 2021, les investigations se concentrent davantage sur les crimes présumés des autorités afghanes de l’époque et des combattants talibans, même si Washington continue de rejeter toute compétence de la Cour sur ses ressortissants.
Cette nouvelle campagne américaine marque une intensification du bras de fer entre les États-Unis et la Cour pénale internationale, dans un contexte où la légitimité et le champ d’action de la juridiction demeurent au cœur de vives tensions diplomatiques.
The International Criminal Court seeks to become the unaccountable arbiter of a new global law — empowered to prosecute and arrest our citizens at will and existentially threaten American sovereignty.
We will teach the ICC the full meaning of American resolve. pic.twitter.com/2egHK1jA98
— Secretary Marco Rubio (@SecRubio) July 13, 2026






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