À une semaine du premier congrès ordinaire du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire, prévu le 15 mai 2026, Laurent Gbagbo a reconnu l’existence de tensions internes au sein de sa formation politique, évoquant même des « rébellions internes » qu’il entend résoudre avant ce rendez-vous majeur du parti.
S’exprimant jeudi lors d’une réunion du comité central du PPA-CI, l’ancien chef de l’État a insisté sur l’importance de cette étape pour permettre au parti de retrouver une cohésion interne et de clarifier certaines divergences apparues ces derniers mois.
Selon Laurent Gbagbo, le précédent congrès constitutif [10/2021] avait essentiellement été consacré à la création du parti, tandis que celui qui s’annonce devra désormais installer le fonctionnement normal de l’organisation politique.
Toutefois, le leader du PPA-CI a reconnu que cette échéance intervient dans un climat particulièrement tendu.
« Ce congrès-ci rentre dans la normalité, mais il est précédé par beaucoup de bruits », a-t-il déclaré devant les militants et cadres présents.
L’ancien président ivoirien a également évoqué les frustrations nées du processus électoral récent, dénonçant l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition, notamment des candidats du PPA-CI ainsi que du Parti démocratique de Côte d’Ivoire à la presidentielle d’octobre 2025. Selon lui, cette situation a contribué à accentuer les tensions politiques mais aussi certaines crispations internes au sein de son propre camp.
Mais au-delà du contexte électoral national, Laurent Gbagbo a surtout pointé des dissensions au cœur même du PPA-CI. « Ensuite, il y a eu des rébellions internes. Il faudra qu’on règle ces problèmes de rébellion interne », a-t-il martelé, affichant sa volonté de restaurer la discipline et l’unité avant la tenue du congrès.
Pour faire face à cette situation, le président du PPA-CI a annoncé la convocation d’une réunion du Comité stratégique et politique (CSP) prévue le mardi 12 mai 2026 à Abidjan. Cette rencontre devrait permettre d’examiner les différents problèmes soulevés et de prendre des décisions qui seront ensuite soumises au congrès pour validation définitive.
« Le congrès va décider définitivement », a insisté Laurent Gbagbo, laissant entendre que des mesures disciplinaires ou des sanctions pourraient être envisagées contre certains responsables accusés d’alimenter les tensions internes.
Dans une déclaration particulièrement remarquée, l’ancien pensionnaire de la Cour pénale internationale a affirmé que les militants connaîtront bientôt « les problèmes et les noms des révoltés », signe d’une volonté d’assainissement et de reprise en main de l’appareil du parti.
Cette sortie intervient dans un contexte où plusieurs observateurs évoquent depuis plusieurs mois des divergences stratégiques et des luttes d’influence au sein du PPA-CI, notamment autour de l’influence de madame Gbagbo Nadiana, mais aussi autour des orientations politiques du parti et des échéances électorales recentes, boycottées par le parti.
À quelques jours du congrès ordinaire, cette prise de parole de Laurent Gbagbo apparaît donc comme un avertissement adressé aux courants dissidents, mais également comme une tentative de ressouder les rangs autour de son leadership.
Un leadership, largement fragmenté depuis 2011 entre Simone Gbagbo, Mamadou Koulibaly, Affi N’Guessan ou encore Blé Goudé Charles.







Commentaires Facebook