Succession « généalogique » de Ouattara: Téné Birahima fait-il si peur à l’opposition ?

Succession de Ouattara/ Pourquoi Téné Birahima fait si peur à l’opposition: « Être le frère du Président Alassane Ouattara n’est pas un handicap »

Longtemps présenté comme le simple “frère du Président”, Téné Birahima Ouattara s’impose désormais comme une personnalité politique à part entière dans le paysage ivoirien.

Entre expérience gouvernementale, légitimité électorale acquise dans les urnes et montée en puissance progressive sur la scène nationale, son évolution alimente aujourd’hui le débat politique. Mais reconnaître cette ascension revient-il à préparer une succession dynastique ?

Ce texte démonte les procès d’intention et recentre le débat sur une seule question : celle du mérite, de la compétence et du verdict souverain du peuple.

[ La légitimité ne se transmet pas : elle se construit et se conquiert ]

Personne ne transmet une légitimité en démocratie : elle se conquiert. Reconnaître les qualités d’un homme, sa montée en compétence, sa vision, sa méthode et sa stature, ne revient pas à lui “transmettre” une légitimité par décret. Cela revient simplement à constater une réalité politique.

[ Observer une émergence n’est pas organiser une succession ]

Dire qu’un homme monte en puissance politiquement ne signifie pas qu’il est “désigné”. Cela signifie qu’il s’impose progressivement dans le débat public par son travail, sa discipline, son expérience du pouvoir et sa capacité à convaincre. Téné Birahima Ouattara n’est pas un homme sorti de nulle part. Il est lui-même un enfant des élections et du suffrage populaire.

À plusieurs reprises, il s’est soumis au verdict des urnes, aussi bien dans sa région natale du Tchologo qu’à Abobo, la deuxième plus grande commune de Côte d’Ivoire, lors des dernières élections législatives, où il a largement dépassé tous les pronostics en termes de suffrages exprimés et de voix recueillies. Sa trajectoire politique s’est donc construite dans les urnes, pas dans une transmission héréditaire.

Toutes les grandes figures politiques ont connu cette phase de maturation avant d’être confrontées au suffrage populaire.

[ La compétence précède souvent la légitimité électorale ]

Avant d’être élus, les hommes d’État sont d’abord identifiés comme crédibles. La légitimité populaire ne naît pas dans le vide : elle se construit sur une perception de compétence, de vision, d’autorité et de leadership.

Souligner que Téné Birahima Ouattara présente aujourd’hui ces attributs ne revient pas à le couronner avant l’heure. Cela revient à reconnaître qu’il possède les caractéristiques d’un potentiel présidentiable.

Et si, demain, il devait prétendre à la magistrature suprême, ce ne serait pas parce qu’il est le frère cadet du Président Alassane Ouattara, mais parce qu’il dispose des compétences, de l’expérience et des aptitudes requises.

Les preuves de ses capacités sont d’ailleurs visibles dans son bilan au ministère de la Défense. La stabilité sécuritaire relative dont bénéficie aujourd’hui la Côte d’Ivoire contraste fortement avec la situation de plusieurs pays de l’AES, confrontés quotidiennement aux attaques terroristes et à l’instabilité militaire et politique.

Si des responsables politiques ivoiriens peuvent dormir sereinement, c’est aussi parce qu’il existe des hommes chargés de veiller, dans l’ombre, à la sécurité de l’État et des populations. Et parmi ces hommes qui veillent, Téné Birahima Ouattara est le premier sur la liste.

[ La vraie question que les Ivoiriens doivent se poser au sujet de TBO ]

Dans toutes les démocraties modernes, des figures émergent dans le sillage de leaders historiques. Ce qui compte n’est pas d’où elles viennent, mais si le peuple les choisit librement.

La vraie question n’est donc pas : « Prépare-t-on une succession ? ». Mais plutôt : « Le profil proposé ( ou plutôt le profil qui est en train d’émerger, de se démarquer ) est-il à la hauteur de la fonction ? ». Et en démocratie, cette réponse appartient exclusivement au peuple souverain.

[ Le débat doit porter sur le mérite ]

Réduire systématiquement toute ascension politique à une “construction successorale” revient à nier la possibilité même qu’un homme puisse évoluer, mûrir et gagner en stature par ses propres mérites. Un responsable politique peut être proche du pouvoir et développer une véritable envergure personnelle. Les deux ne sont pas incompatibles.

[ TBO frère de Ouattara n’est pas du tout un handicap ]

Enfin, il faut aussi avoir l’honnêteté de reconnaître une évidence : être le frère du Président Alassane Ouattara n’est pas un handicap. Être issu de la famille d’un homme d’État qui a profondément transformé la Côte d’Ivoire, modernisé ses infrastructures et renforcé son rayonnement international peut aussi constituer une chance.

Dieu n’a pas donné un Alassane Ouattara à toutes les familles ivoiriennes. Et personne ne peut empêcher un homme d’assumer avec fierté cet héritage familial, à condition ensuite de faire ses propres preuves devant l’Histoire et devant le peuple.

[ Si Affi N’Guessan veut ]

Si demain Téné Birahima Ouattara ambitionne la magistrature suprême, ce ne sera ni une nomination automatique, ni un héritage monarchique. Ce sera une candidature soumise au verdict du peuple ivoirien. Et si certains estiment aujourd’hui qu’il a l’étoffe d’un homme d’État, cela ne viole aucun principe démocratique : cela nourrit simplement le débat politique.

En démocratie, la légitimité se conquiert. Mais avant de se conquérir, elle se pressent, s’observe et s’analyse. E6t si seulement si, Téné Birahima Ouattara devenait candidat du grand parti le RHDP à la présidentielle de 2030, rien n’empêche Pascal Affi N’Guessan d’être candidat contre lui.

Joël Touré

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