Abidjan – La gestion de la crise des stocks invendus dans la filière cacao ivoirienne provoque un rééquilibrage des pouvoirs au sommet du secteur. L’Organisation interprofessionnelle agricole du café-cacao (OIA café-cacao), dirigée par Siaka Diakité, se retrouve aujourd’hui en difficulté, après avoir été progressivement écartée du dossier au profit du Conseil café-cacao.
En première ligne désormais : Yves Brahima Koné, qui a repris la main sur la gestion de cette crise sensible, sur instruction directe du vice-premier ministre Téné Birahima Ouattara.
Accusations de mauvaise gestion et tensions avec les producteurs
À l’origine de cette mise à l’écart : de vives accusations de manque de transparence visant l’OIA. Plusieurs coopératives et organisations de producteurs dénoncent leur exclusion du partage d’un stock résiduel estimé à plus de 50 000 tonnes, issu de la campagne principale 2025-2026.
Ces volumes, financés par l’État à hauteur de 2 800 FCFA/kg, représentaient un enjeu financier majeur pour les acteurs de la filière. Mais selon les plaignants, certaines cargaisons auraient été écoulées au profit de coopératives non officiellement recensées, avec l’aval présumé de la direction de l’OIA.
Une filière sous tension
La situation a rapidement dégénéré en crise ouverte. Plusieurs organisations de producteurs ont menacé de bloquer la commercialisation du cacao, pointant notamment l’opacité entourant l’inventaire des stocks invendus, en particulier durant les semaines 15 à 17 de la campagne.
Face à la montée des tensions, le gouvernement est intervenu. Bruno Nabagné Koné a été chargé de proposer des solutions urgentes pour apaiser la filière.
Le CCC reprend le contrôle
Dans ce contexte, le Conseil café-cacao s’est vu confier la gestion directe du dossier. Une reprise en main qui marque un désaveu implicite de l’OIA et une volonté des autorités de restaurer la confiance dans la gouvernance de la filière.
Selon les dernières estimations, plus de 23 000 tonnes de cacao restent encore en souffrance, maintenant la pression sur les autorités et les acteurs du secteur.
Un enjeu stratégique pour l’économie ivoirienne
Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire ne peut se permettre une crise prolongée dans une filière qui représente un pilier essentiel de son économie et des revenus de millions de planteurs.
La gestion de cette crise des stocks invendus apparaît ainsi comme un test majeur pour la crédibilité des institutions de régulation et pour la stabilité sociale dans les zones de production.







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