
Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain traverse une période de fortes turbulences, marquée par des tensions internes et des interrogations sur son avenir. Dans un entretien accordé le 21 avril 2026 à Africanewsquick.net, Wilfried Koffi, membre du Bureau politique et cadre influent à Yopougon, dresse un constat sans détour de la situation du parti.
À l’occasion des 80 ans du PDCI-RDA, il rappelle d’abord le rôle historique de la formation politique dans la construction de la Côte d’Ivoire moderne, sous la conduite de figures emblématiques comme Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié. Mais depuis la disparition de ce dernier en août 2023, il estime que le parti est entré dans une phase de « tâtonnement », marquée par une transition mal maîtrisée.
Une transition contestée
Contrairement à l’idée d’une crise ouverte, Wilfried Koffi parle plutôt d’une « transition mal embarquée », pointant du doigt l’organisation du congrès extraordinaire de décembre 2023 qui a porté Tidjane Thiam à la tête du parti. Selon lui, ce processus a fragilisé la cohésion interne et détourné le PDCI-RDA de ses priorités.
« Nous devrions être tournés vers la mobilisation de la base et le renforcement des structures locales », regrette-t-il, dénonçant un décalage entre les enjeux politiques et la réalité du terrain.
Trois défis majeurs à relever
Pour le cadre du parti, trois défis principaux s’imposent : la remobilisation des militants, la conquête de la jeunesse – qui représente près de 70 % de la population ivoirienne – et la préparation des échéances électorales de 2028 et 2030.
Il insiste sur la nécessité de « parler vrai » aux militants, de renforcer les sections locales et de proposer un projet politique centré sur les préoccupations des jeunes, notamment l’emploi, l’éducation et l’avenir.
Un leadership jugé distant
S’agissant du leadership actuel, Wilfried Koffi se montre particulièrement critique. Il reconnaît les compétences de Tidjane Thiam, mais estime que son profil et son éloignement prolongé du pays constituent un handicap.
« Aujourd’hui, avec le président Thiam, le PDCI a un capitaine sur papier, mais pas sur le terrain », lance-t-il, appelant à un leadership plus proche des réalités locales et davantage à l’écoute de la base militante.
Yopougon, symbole des difficultés
À l’échelle locale, notamment à Yopougon, Wilfried Koffi plaide pour une redynamisation urgente des structures du parti, à travers un meilleur soutien logistique et financier aux sections. Il appelle également à l’organisation d’une « rencontre de vérité » pour reconstruire l’unité et préparer la reconquête électorale.
Il déplore par ailleurs un manque de dialogue entre la direction et les militants de terrain, affirmant que « la base doit pouvoir parler au sommet ».
Appel au dialogue et à la remobilisation
En conclusion, Wilfried Koffi se veut rassurant sur la capacité du PDCI-RDA à rebondir, tout en appelant à un sursaut collectif. Il invite notamment à l’ouverture d’un dialogue politique, y compris avec le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix, et à une remobilisation des militants autour des valeurs héritées de Félix Houphouët-Boigny.
Un appel qui intervient dans un contexte où le plus vieux parti ivoirien joue une partie décisive de son avenir, entre héritage historique et nécessité de renouvellement.







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