Côte d’Ivoire: les habitants désertent les villages de l’ouest

Par RFI

Dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, la plupart des villages le long de la route frontalière avec le Liberia se sont vidés à cause des violences de la semaine passée. Malgré le déploiement de soldats ivoiriens et de l’ONU, les habitants hésitent encore à rentrer chez eux.

De notre envoyée spéciale,

C’est un silence inquiétant qui règne à Saho. Le village a été en partie brûlé, en partie pillé, les boutiques sont désespérément vides, comme celle d’Alexis où il ne reste que quelques boîtes d’allumettes et des sachets de sel : « Il n’y a plus de boutiques et il n’y a rien à acheter. Il faudrait qu’on prenne le temps pour se préparer avant que les femmes et les enfants viennent. »

Si la sécurité s’est améliorée au bord des routes, ce n’est pas le cas dans les forêts où travaillent ces agriculteurs. Alexis cache son désarroi derrière l’humour : « Dans le champ, c’est sûrement Dieu qui nous protège. On remet notre village dans la main de Dieu parce qu’il faut forcément aller en brousse. C’est notre lieu de travail. On est obligés. »

Des conséquences sur l’économie locale

A Tieleoula, comme partout dans cette zone, les autochtones Wobi ont fui depuis la crise post-électorale. Soupçonnés d’être complices des auteurs des attaques, ils ont peur de la vengeance de ceux qu’on appelle « les étrangers », venus cultiver les terres de l’ouest et désormais majoritaires. « Les étrangers disent que nous avons une entente avec nos frères du Liberia, que ce sont nos frères qui viennent les attaquer, raconte l’adjoint du chef du village. Depuis la guerre, il y a une méfiance. Les étrangers pourraient attaquer les Wobi. C’est pour cela qu’ils ont eu peur et qu’ils sont tous partis à Taï. »

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