Tueries de Duékoué: Le Cdt Losseni Fofana dit Loss s’explique pour la première fois

L’ex-chef de guerre de Man, Losseni Fofana, livre enfin sa part de vérité sur les tueries de Duékoué. Pour la première fois, Cobreti, comme l`appellent ses intimes, s`explique sur ces événements qui ont jeté une tâche noire sur l`offensive des Forces républicaines qui a conduit à la chute de Laurent Gbagbo. Il s`est ouvert au confrère Jeune Afrique, dont l`envoyé spécial l`a rencontré dans son fief à Man. « Les massacres de Duékoué n`étaient pas de notre fait. Là-bas, chaque communauté avait son armée. C`était des règlements de compte entre communautés », se défend l`ex- chef de guerre de Man. Il rétorque ainsi aux accusations d`Organisations internationales des droits de l`homme comme Human Rights Watch qui l`ont ouvertement tenu pour responsable des massacres qu`auraient perpétrès les Frci lors de la conquête de la ville de Duékoué. Et comme pour dire que ces règlements de compte entre communautés ont une origine ethnique, il soutient que les hostilités ont été déclenchées à l`Ouest les 24 et 25 février 2011, quand des partisans de l`ancien chef de l`Etat ont attaqué les positions des Forces nouvelles à Bounta à Danané, au cri de « On va libérer Man, on va installer Gbagbo, on va manger Dioula ». On se souvient que des rapports d`Ong internationales avaient fait état de tueries de plus de 800 personnes présumées proches de Gbagbo au quartier Carrefour de Duékoué, fin mars. Ce massacre avait été imputé à des soldats supposés proches d`Alassane Ouattara, au nombre desquels l`ex-chef de guerre de Man, Losseni Fofana, alias Loss. Des voix s`étaient élevées en son temps, notamment celles de certains fils de la région, pour dégager la responsabilité de l`ex-homme fort de Man. Le président de l`Ong la Plate-forme pour la recherche de la paix et la cohésion sociale, Me Inza Fofana, fils du terroir, avait, au cours d`une conférence de presse au Plateau, expliqué que ces massacres sont le résultat de règlements de compte entre communautés vivant dans la localité de Duékoué. Lesquelles se regargaient en chiens de faïence depuis la crise post-électorale. Et donc ne sauraient être imputés aux Frci, encore moins au cdt Loss. Ce sont les mêmes arguments qu`avance ce dernier pour la première fois qu`il se prononce sur le sujet. « Mes hommes ont été formés pour faire la guerre, non pour tuer des civils. Depuis quatre ans, nous travaillons avec la Croix-rouge sur le droit international humanitaire et les crimes de guerre », argumente le désormais membre des Forces spéciales, une uniuté d`élite créée par le président Alassane Ouattara et qui regroupe la plupart des fameux ex-com`zone. Au dire du cdt Loss, c`est plutôt la prompte intervention de ses hommes qui est venue mettre un terme aux velléités de règlement de compte entre communautés à Duékoué, lors des violences post-électorales. Ces explications de « Cobreti » tombent quelques jours seulement après le bref séjour du procureur de la Cour pénale internationale (Cpi), Luis Moreno-Ocampo, en Côte d`Ivoire. Visite au cours de laquelle le très redouté justicier de la Haye a laissé entendre qu`il pourrait engager des poursuites contre 3 à 6 personnes, de tous les bords, qui seraient impliquées dans les crimes relevant de la compétence de la Cpi. Est-ce cela qui pousse l`ex-chef de guerre de Man à rompre le silence pour dire sa part de vérité sur les tueries de Duékoué ?

Assane NIADA
L’Inter

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