Critique dans son parti: Les conditions de Mamadou Koulibaly pour rester au Fpi

Les critiques qui ont suivi les dernières sorties médiatiques du président de l`Assemblée nationale ne le laissent pas indifférent. Mamadou Koulibaly semble avoir été piqué au vif par les vitupérations des militants et autres personnalités de son parti que ses vérités crues ont à l`évidence sonnés. Le troisième vice-président du Fpi et actuel président par intérim du parti, menace de tout laisser tomber si des caciques de ce parti persistent à se montrer hostiles au changement qu`il veut impulser. D`emblée, il écarte toute idée de créer son propre parti politique comme d`aucuns le laissent croire. « Je n`ai pas d`argent pour le faire », confie-t-il à Jeune Afrique, dans son édition de cette semaine. S`il n`entend pas créer un énième parti, il pose toutefois des conditions pour son maintien au Fpi. C`est du moins ce qu`il laisse deviner par ces propos rapportés par le confrère: « J`ai simplement dit à Miaka Ouretto, le secrétaire général, que si les cadres du Fpi souhaitent continuer comme avant, j`arrêterai la politique pour me consacrer à l`enseignement et à la recherche. Mais que s`ils souhaitent faire évoluer le parti, je suis prêt à les aider. Il faut moderniser les structures, changer de nom et repenser notre idéologie ». Pour Mamadou donc, il importe que le Fpi fasse sa mue au sortir de la tragédie qui lui a fait perdre le pouvoir. Et cela passe non seulement par un changement de dénomination de ce parti, mais aussi par une réorientation idéologique. L`éminent professeur d`économie n`a de cesse de soutenir qu`il faut procéder à un reformatage idéologique du Fpi en le débarrassant des rhétoriques fumeuses qui ont coûté le pouvoir à Laurent Gbagbo. A l`occasion de ses récentes interviews, il s`est en effet élevé contre les deals passés avec la France alors que dans le même temps le régime Gbagbo prônait une idéologie anti-néocolonialiste; il a fustigé le fait que son parti ait surfé sur le concept de l`ivoirité hérité du régime Bédié, tout en dénonçant la propension de ses camarades à l`enrichissement illicite alors que le Fpi avait donné de lui l`image d`une poche de moralité. Une sévère auto-critique qui a provoqué l`ire des militants et personnalités de son camp. La dernière diatribe en date est celle de Lazare Koffi Koffi, ancien ministre de l`Environnement et des Eaux et forêts du gouvernement Aké N`gbo. « S`il(Mamadou Koulibaly, ndlr), veut partir qu`il le fasse dans l`élégance et non donner l`impression qu`il a eu mission de mains noires pour « tuer » le Fpi. Il ne réussira pas. Il ne faut pas qu`il donne de lui l`image d`un homme inconstant qui a abandonné ses camarades et surtout Gbagbo et Simone qui l`ont fait, dans les geôles de Ouattara, dont il est devenu l`admirateur attitré… »( Cf Soir Info du mardi 21 juin 2011), a-t-il réagi à l`idée que Mamadou Koulibaly pourrait quitter le Fpi pour créer son propre parti.

Assane NIADA
L’Inter

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