La nomination de Kadjo Fodjo Abo à la présidence du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) ne passe pas inaperçue dans le Gontougo. Dans sa région d’origine, magistrats, cadres, chefs traditionnels et populations saluent la promotion de celui qui est désormais appelé à diriger une institution constitutionnelle au cœur du fonctionnement de la justice ivoirienne.
Le 23 septembre 2026, le président de la République, Alassane Ouattara, a signé le décret portant nomination de Kadjo Fodjo Abo, magistrat hors hiérarchie, groupe A, échelon unique, au poste de président du CSM. Il occupait auparavant les fonctions d’Inspecteur général des Services judiciaires et pénitentiaires.
Un magistrat au long parcours
Cette nomination intervient au terme de plus de quatre décennies de carrière dans la magistrature. Né en 1959 à Adoumkrom, dans la sous-préfecture d’Appimandoum, département de Bondoukou, Fodjo Kadjo Abo est issu de la région du Gontougo.
Son parcours ne se limite toutefois pas à la magistrature. Il est également connu comme écrivain et homme engagé dans la vie sociale et culturelle. Il a notamment publié une quinzaine d’ouvrages consacrés aux questions de société, à la morale et aux valeurs civiques.
Une nomination célébrée dans le Gontougo
Dans le Gontougo, cette promotion prend une dimension particulière. À l’occasion de la fête des ignames, cadres, chefs traditionnels et représentants de la communauté ont célébré la nomination de leur fils à la tête du CSM.
Cette reconnaissance s’inscrit également dans le prolongement de son ancrage traditionnel : Fodjo Kadjo Abo est présenté comme chef du village d’Adoumkrom et président de l’association des chefs traditionnels de la sous-préfecture d’Appimandoum.
Un choix qui intervient après une vacance à la tête du CSM
Kadjo Fodjo Abo succède à feu Mamadou Koné, qui avait été nommé à la tête du CSM en juillet 2023 et est décédé en avril 2024.
Son expérience à l’Inspection générale des Services judiciaires et pénitentiaires constitue ainsi l’un des éléments objectifs de son parcours avant cette nomination. Le CSM est notamment chargé de contribuer à garantir l’indépendance de la magistrature et de veiller aux questions relatives à la carrière et à la discipline des magistrats.
Le 29 septembre, quelques jours après sa nomination, le nouveau président du CSM a été reçu par le président Alassane Ouattara. Cette rencontre a notamment porté sur les enjeux liés au fonctionnement de la justice et aux responsabilités du Conseil supérieur de la magistrature.
Au-delà de la portée institutionnelle de cette nomination, le Gontougo y voit donc également la consécration du parcours d’un de ses fils, dont la carrière de magistrat, l’engagement intellectuel et l’ancrage traditionnel se retrouvent désormais associés à l’une des principales institutions judiciaires du pays.

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