L’accord conclu le 22 octobre 2026 entre le gouvernement et les acteurs de la filière halieutique devait soulager les ménages. Mais à Bingerville, une enquête de Nathalie Kouassi révèle une réduction limitée chez les revendeuses et peu perceptible pour les consommateurs.
Des cartons moins chers sur le papier, mais des dépenses toujours élevées au marché. Après les protestations de vendeuses à Abobo, Yopougon et Daloa, le gouvernement ivoirien avait négocié une baisse de 2 500 à 5 000 francs CFA sur les cartons de 20 kilogrammes de chinchard et de maquereau.
Selon Adams Wuny, président des commerçants du marché de Bingerville, le carton de chinchard devait notamment passer de 36 500 à 31 500 francs CFA chez les demi-grossistes. Pourtant, plusieurs détaillantes interrogées le 31 octobre indiquent l’acheter encore à 33 000 francs CFA.
Une vendeuse reconnaît une diminution de 2 000 francs CFA par rapport à son précédent achat, tout en jugeant ce recul insuffisant. Aux coûts d’approvisionnement s’ajoutent le transport et la glace nécessaire à la conservation du poisson, explique également la commerçante Fanta Coulibaly.
Pour les ménages, l’effet reste difficile à percevoir. Aka Ruth, cliente du marché, affirme payer toujours son kilogramme de chinchard à 2 000 francs CFA. Son témoignage souligne le décalage entre les réductions annoncées sur les cartons et les prix pratiqués au détail.
Les professionnels interrogés soulignent aussi les limites de l’accord : il ne concerne que deux espèces et intervient après de fortes hausses. Une réduction de quelques milliers de francs ne suffit donc pas à ramener les prix à leurs niveaux antérieurs.
Une commission de suivi et un observatoire des prix et des marges ont été mis en place pour accompagner l’application des nouveaux tarifs. Le Conseil national de lutte contre la vie chère rappelle que les consommateurs peuvent signaler les manquements au 1343.
D’après l’enquête de Nathalie Kouassi.






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