Un rapport de l’ONG américaine ACLED, publié le 22 juillet 2026, révèle que 1 185 incidents violents ont touché les zones minières du Burkina Faso, du Mali et du Niger entre janvier 2015 et juin 2026. Portée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), cette violence s’étend désormais bien au-delà des sites d’extraction et interroge la capacité des juntes sahéliennes à sécuriser leurs ressources aurifères.
L’or, cœur battant de la violence minière
Les sites aurifères concentrent 90 % des incidents recensés par l’ACLED, avec une létalité moyenne de trois morts par événement. Sur les 44 sites étudiés, 39 produisent de l’or. Une prédominance qui reflète directement le poids économique du métal jaune dans la région.
Fait révélateur : près de 90 % des violences liées aux mines se déroulent hors des concessions, dans un rayon d’une dizaine de kilomètres. Les groupes armés contournent ainsi les dispositifs de sécurité pour frapper convois, routes et communautés riveraines. Au Burkina Faso, la mine d’Inata illustre cet échec : depuis juin 2026, le JNIM y exerce un contrôle de fait, malgré les frappes aériennes répétées de l’armée burkinabè et de ses partenaires russes.
Le JNIM, acteur central de cette économie de guerre
Le JNIM apparaît impliqué dans 42 % des incidents recensés, à égalité avec les forces armées nationales réunies. Le groupe transforme des sites artisanaux en bases semi-permanentes, s’approvisionne en explosifs et carburant, et rançonne les exploitants, notamment chinois, dans les régions maliennes de Kayes et Sikasso.
Une menace qui déborde déjà le Sahel central
Si le Burkina Faso concentrait 75 % des incidents miniers entre 2015 et 2026, sa part est retombée à 54 % en 2025, contre 29 % pour le Mali et 18 % pour le Niger. L’ACLED anticipe une extension de ces dynamiques vers le Sénégal, la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Ghana.
F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info






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