À l’issue de la première conférence régionale du Front populaire ivoirien (FPI) en Europe, tenue le samedi 18 juillet, au 219 boulevard Macdonald à paris 19 ème, consacrée au thème « Rebâtir, mobiliser et Conquerir», M. Sosthène Coulibaly , responsable de la représentation européenne revient sur les défis de la reconstruction du parti, les fractures héritées de la crise interne et les ambitions de la nouvelle direction. Entretien.
« Nous devons reconstruire un FPI de proximité, capable de reconquérir les militants »
Pourquoi avoir organisé cette première conférence régionale en Europe ?
Cette conférence marque le véritable point de départ d’une nouvelle dynamique. Il ne s’agissait pas d’une simple rencontre statutaire, mais d’un exercice de lucidité. Nous avons voulu regarder notre organisation en face, identifier nos forces, mais aussi nos faiblesses, afin de bâtir une stratégie crédible. Notre ambition est claire : poser les bases d’une reconstruction durable du FPI en Europe.
Quels sont les objectifs concrets que vous vous êtes fixés ?
Nous avons adopté une feuille de route pour les cent premiers jours. Elle repose sur plusieurs priorités : restructurer les représentations là où elles sont incomplètes, installer des bureaux conformes aux statuts du parti, renforcer les équipes locales, redynamiser le militantisme et surtout résoudre la question du financement. Sans une organisation solide et des ressources maîtrisées, aucune ambition politique n’est durable.
Vous héritez d’une organisation fragilisée. Quelle est aujourd’hui la principale difficulté ?
Le principal défi est de remettre l’appareil en mouvement. Certaines représentations ne disposent même pas du nombre minimal de responsables prévu par les textes. D’autres fonctionnent sans véritables équipes dirigeantes. À cela s’ajoute une faible mobilisation des militants et des difficultés financières importantes. Notre responsabilité est de remettre de l’ordre, avec méthode et rigueur.Le FPI a perdu une partie importante de son influence au sein de la diaspora. Comment expliquez-vous cette situation ?
Il faut replacer les événements dans leur contexte. La crise née de la séparation entre le président Laurent Gbagbo et le président Pascal Affi N’Guessan a profondément bouleversé le parti. Beaucoup de militants ont suivi leurs convictions ou leurs affinités personnelles. Pendant ce temps, le FPI a aussi souffert d’un déficit de communication. Nous avons laissé prospérer des contre-vérités auxquelles nous n’avons pas suffisamment répondu. En politique, lorsqu’un récit n’est pas contesté, il finit souvent par s’imposer.
Certains estiment que le rapprochement avec le RHDP a également brouillé l’image du FPI. Avec le recul, le regrettez-vous ?
Ce rapprochement répondait avant tout à une volonté de contribuer à la réconciliation nationale. La Côte d’Ivoire sortait d’une période extrêmement douloureuse et nous pensions qu’il fallait privilégier le dialogue. Cette démarche a parfois été mal comprise, certains y voyant une alliance politique alors que notre objectif était de favoriser l’apaisement. Les circonstances ont ensuite montré que les attentes des différentes parties n’étaient pas les mêmes.
Comment comptez-vous reconquérir les militants qui se sont éloignés du parti ?
Nous allons revenir au terrain. Il faut renouer le dialogue, aller à la rencontre des militants, des sympathisants, mais aussi des associations de la diaspora. La proximité sera notre méthode. Nous voulons écouter, expliquer et convaincre. Rien ne remplacera le contact humain. C’est ainsi que nous reconstruirons la confiance.
Quel message adressez-vous aux militants du FPI en Europe ?
Je leur demande de croire en cette nouvelle équipe. Sous la direction du président Pascal Affi N’Guessan, nous voulons faire du FPI une organisation moderne, structurée et ouverte. Nous disposons des compétences, des ressources humaines et de la détermination nécessaires pour réussir. Mais cette reconstruction ne pourra se faire qu’ensemble.
En définitive, quel est votre objectif politique ?
Notre ambition dépasse les intérêts d’un seul parti. Ce qui est en jeu, c’est l’avenir de la Côte d’Ivoire. Nous voulons contribuer au renforcement d’une opposition responsable, capable d’offrir une véritable alternative démocratique. Le FPI entend retrouver toute sa place dans ce débat, en Europe comme en Côte d’Ivoire.
Propos recueîllis par Georges-Eden Bobia
Correspondant à Paris






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