Depuis sa nomination le 23 janvier 2026 à la tête du Portefeuille de l’État et des Entreprises Publiques, la Professeure Mariatou Koné a imprimé à son département une méthode reconnaissable : diagnostiquer par les chiffres avant de décider, et associer systématiquement les dirigeants sociaux aux orientations retenues. En six mois, cette approche s’est déployée à trois niveaux, la feuille de route stratégique, le suivi rapproché des entreprises publiques et la réforme des établissements publics nationaux avec une même constante : aucune annonce sans données à l’appui. Une méthode que la ministre rattache explicitement à la vision du Président de la République, Alassane Ouattara.
Premier trait de méthode : fixer un cap avant d’agir
Précédemment ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation depuis 2021, Mariatou Koné a inscrit sa nouvelle mission dans la continuité, en affichant d’emblée une ambition claire : consolider les acquis et améliorer les performances du portefeuille, sur la base de la bonne gouvernance et de la redevabilité.
Signe distinctif de sa méthode, la ministre n’a pas attendu pour formaliser sa vision. Dès le 11 février 2026, à peine deux semaines après son arrivée, elle a présenté à Yamoussoukro sa feuille de route pour l’année, élaborée avec l’appui des experts du cabinet international Boston Consulting Group (BCG) et de la DGPE, dirigée par Bamba Seydou. Ce recours à une expertise externe pour bâtir la stratégie 2026-2030 illustre une volonté claire de professionnaliser la réflexion en amont de la décision.
Trois piliers déclarés, une même exigence de méthode
La feuille de route présentée par Mariatou Koné repose sur trois axes majeurs, qu’elle a explicitement rattachés à la vision présidentielle :
La création de valeur durable, qui vise à dépasser la seule lecture financière de la performance des entreprises publiques pour intégrer pleinement leur dimension sociale et leur contribution à l’intérêt général.
L’anticipation stratégique, destinée à faire passer l’État d’un contrôle passif à un pilotage proactif des entreprises publiques, afin de mieux anticiper les évolutions et d’orienter les décisions en amont.
Le renforcement de la transparence, présenté par la ministre comme la garantie d’une redevabilité totale envers les citoyens, le portefeuille de l’État étant, selon ses mots, avant tout le patrimoine des Ivoiriens.
Sur cette base, la ministre a instruit la DGPE d’accélérer deux chantiers prioritaires : la révision des modèles économiques de certaines entreprises publiques, pour renforcer leur viabilité, et l’encadrement des charges de personnel des entreprises publiques, pour améliorer leur soutenabilité financière.
Deuxième trait de méthode : piloter par la donnée
Le cœur de la méthode Mariatou Koné tient dans un réflexe simple mais encore peu répandu : chaque orientation s’appuie sur des indicateurs précis, mesurés et rendus publics devant les principaux intéressés. Réunissant le 16 avril 2026 à Abidjan-Plateau l’ensemble des directeurs généraux et présidents de conseils d’administration des entreprises et agences publiques, la ministre a dressé un état des lieux chiffré du portefeuille de l’État, à l’occasion de la rencontre annuelle « État des lieux et perspectives sur la gestion du Portefeuille de l’État », instaurée depuis 2018 comme cadre d’échange entre la tutelle et les dirigeants sociaux.
Les chiffres présentés témoignent d’une progression notable sur la période récente :
- Le chiffre d’affaires global du portefeuille est passé d’environ 2 718 milliards de FCFA en 2021 à 4 728 milliards en 2025, soit une croissance annuelle moyenne de 15 % ;
- Les bénéfices nets ont plus que triplé, passant de 78 milliards de FCFA à 240 milliards entre 2021 et 2024 ;
- Les dividendes reversés à l’État ont presque triplé, passant de 34 à 97 milliards de FCFA.
Sur le plan de la gouvernance interne, plusieurs indicateurs de professionnalisation progressent également : le taux de signature des lettres de mission par les dirigeants sociaux est passé de 60 % en 2022 à 88 % en 2025, et 65 % des entreprises publiques disposent désormais d’une cartographie des risques validée. Sur le respect des délais budgétaires, la trajectoire est tout aussi positive : la part des entreprises transmettant leur budget dans les délais réglementaires est passée d’environ 13 % en 2021 à près de 60 % en 2025.
Troisième trait de méthode : chaque bilan dans une logique de progrès
Face aux dirigeants qu’elle félicite pour les avancées enregistrées, elle indique, avec la même franchise, les leviers qui restent à activer, résumant sa position en une formule équilibrée : les progrès sont réels, et des marges de progression demeurent, qu’elle entend précisément exploiter. Cette manière de conjuguer bilan positif et perspectives d’amélioration distingue sa méthode d’une communication de pure vitrine : c’est un pilotage assumé et transparent, mené aux côtés des personnes mêmes chargées de faire progresser les résultats.
À l’échelle de l’ensemble du portefeuille, la Direction générale du Portefeuille de l’État a également communiqué des données consolidées : un capital cumulé de 701,8 milliards de FCFA, un chiffre d’affaires cumulé de 8 708 milliards de FCFA et un résultat net cumulé de 1 032 milliards de FCFA.
Quatrième trait de méthode : la démarche par le dialogue institutionnel
La méthode ne se limite pas aux sociétés d’État : Mariatou Koné l’a étendue aux Établissements publics nationaux (EPN), en s’appuyant sur un partenariat institutionnel plutôt que sur une réforme imposée d’en haut. Le 29 juin 2026, à l’ouverture de la deuxième session du Programme de renforcement de la gouvernance et de la gestion des EPN, organisée avec l’Institut des Administrateurs de Côte d’Ivoire (INAD-CI), la ministre a présenté cinq réformes majeures :
- la révision du cadre législatif et réglementaire régissant les EPN ;
- le renforcement de leur environnement organisationnel ;
- la professionnalisation de leurs organes de gouvernance ;
- la mise en place de contrats d’objectifs entre l’État et les EPN ;
- l’appui de l’innovation technologique à leur modernisation.
À cette occasion, la ministre a rappelé aux dirigeants des établissements publics que l’État attend d’eux une gouvernance irréprochable et une gestion efficiente des deniers publics, insistant sur l’exemplarité attendue dans chacune de leurs décisions. La présidente de l’INAD-CI, Viviane Zunon Kipré, a pour sa part salué un leadership porteur d’une nouvelle dynamique fondée sur la performance et l’obligation de résultats.
Une méthode alignée sur la vision présidentielle
À chacune de ses prises de parole, Mariatou Koné rattache sa démarche à la vision du Président de la République, Alassane Ouattara. En six mois à la tête du ministère, quatre traits dessinent ainsi une méthode reconnaissable : fixer le cap avant d’agir, piloter par la donnée plutôt que par l’intuition, assumer publiquement les progrès et les marges de progression avec la même transparence, et étendre la démarche par le dialogue institutionnel plutôt que par la contrainte.
Cette méthode s’appuie sur un parcours qui n’a rien d’improvisé. Professeure Titulaire d’anthropologie, Mariatou Koné a dirigé le Programme national de cohésion sociale avant d’enchaîner, depuis 2016, plusieurs portefeuilles ministériels exigeants solidarité, protection de l’enfant, puis, pendant cinq ans, l’Éducation nationale et l’Alphabétisation, l’un des ministères les plus vastes et les plus scrutés de l’appareil d’État. Cette expérience cumulée de la conduite de réformes complexes et de grandes administrations est précisément ce qui distingue une méthode d’un simple effet d’annonce : elle donne à la ministre les repères nécessaires pour tenir un cap dans la durée et ajuster ses instruments de pilotage à mesure que les résultats remontent, plutôt que de se satisfaire d’un bilan à court terme. C’est sur cette base qu’elle a elle-même fixé les indicateurs de réussite de sa feuille de route : viabilité financière des entreprises accompagnées, maîtrise des charges de personnel, respect des délais de reddition de comptes.






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