Après plusieurs années de politique restrictive sous le gouvernement de droite radicale dominé par le parti de Geert Wilders, les Pays-Bas opèrent un changement de cap majeur. La nouvelle coalition au pouvoir depuis janvier 2026 souhaite redonner au pays son attractivité internationale en misant sur les étudiants étrangers et les travailleurs hautement qualifiés.
Pour concrétiser cette nouvelle orientation, le gouvernement a rétabli le financement de l’enseignement supérieur, relancé les formations dispensées en anglais et annoncé un investissement de 1,5 milliard d’euros dans l’éducation et la recherche. Une décision qui tranche avec les importantes coupes budgétaires décidées par l’exécutif précédent.
Un besoin urgent de main-d’œuvre qualifiée
Bien que les frontières n’aient jamais été officiellement fermées aux étudiants internationaux, les inscriptions ont reculé ces trois dernières années, avec une baisse de 5 % en 2024-2025. Selon la plateforme d’orientation Studyportals, basée à Eindhoven, cette diminution a eu un impact négatif sur l’économie néerlandaise.
Pour Edwin van Rest, PDG de Studyportals, les étudiants internationaux constituent un atout stratégique.
« Comme la plupart des économies développées, les Pays-Bas font face au vieillissement de leur population et à une importante pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Les étudiants étrangers renforcent notre compétitivité, notre économie et notre rayonnement culturel. »
Aujourd’hui, les Pays-Bas proposent 2 130 formations universitaires en anglais, ce qui place le pays au troisième rang européen derrière l’Irlande et l’Allemagne.
Des admissions mieux encadrées
Le gouvernement examine actuellement la loi sur « l’internationalisation équilibrée » (WIB), qui permettrait aux universités de disposer de nouveaux outils pour réguler les admissions lorsque cela s’avère nécessaire.
Parmi les mesures envisagées figurent notamment :
un numerus clausus pour certains étudiants non ressortissants de l’Espace économique européen (EEE) ;
un plafond exceptionnel d’admission en cas de saturation des capacités d’accueil.
Selon Ruben Puylaert, porte-parole de l’Association des universités néerlandaises (UNL), il ne s’agit pas de limiter l’ouverture internationale, mais de préserver la qualité de l’enseignement tout en tenant compte des capacités d’accueil.
La crise du logement demeure le principal défi
L’un des principaux obstacles reste la pénurie de logements étudiants. Dans plusieurs villes universitaires, les établissements recommandent désormais aux étudiants internationaux de ne pas venir tant qu’ils n’ont pas trouvé un hébergement.
Les universités travaillent avec les municipalités, les bailleurs et l’État afin d’augmenter l’offre de logements, mais les tensions sur le marché immobilier demeurent importantes.
Un investissement rentable pour l’économie
Selon des données de l’agence néerlandaise d’internationalisation Nuffic, citées par l’Université de Maastricht, les étudiants européens génèrent près de deux milliards d’euros de recettes fiscales nettes pour les Pays-Bas.
Environ un étudiant international sur deux choisit de rester travailler dans le pays après l’obtention de son diplôme, principalement dans les secteurs de l’informatique, de l’ingénierie, des sciences, de la technologie et des services aux entreprises.
Les étudiants français particulièrement encouragés
Les autorités néerlandaises souhaitent également renforcer la coopération européenne. Les étudiants français figurent parmi les publics que les universités espèrent attirer davantage.
« L’enseignement supérieur néerlandais attache une grande importance à la diversité internationale dans les salles de classe et au renforcement de la coopération européenne », souligne Ruben Puylaert.
Ce revirement marque ainsi la volonté des Pays-Bas de retrouver leur place parmi les destinations universitaires les plus attractives d’Europe, tout en cherchant un équilibre entre ouverture internationale, qualité de l’enseignement et capacités d’accueil.






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