Quand le football devient une industrie sans limites, de la démesure et de l’exclusion
À mesure que la Coupe du monde 2026 avance, un sentiment grandit chez de nombreux observateurs : celui d’un tournoi devenu excessif, interminable et déconnecté des réalités humaines.
Pendant des décennies, la Coupe du monde représentait l’événement rare par excellence. Une compétition exceptionnelle qui réunissait les meilleures nations du football dans un format relativement compact. De 16 équipes à ses débuts, puis 24, ensuite 32, le tournoi conservait encore un équilibre entre prestige, intensité et rareté.
Aujourd’hui, avec 48 nations qualifiées et 104 matchs programmés, la FIFA a franchi un nouveau cap. Un cap qui interroge.
Les supporters sortent déjà d’une saison épuisante. Entre les championnats nationaux, les compétitions continentales, les nouvelles formules de la Ligue des champions, les compétitions de sélections, la Coupe du monde des clubs et les tournées commerciales, le football n’a jamais occupé autant d’espace dans le calendrier.
À quel moment les joueurs récupèrent-ils ? À quel moment les supporters soufflent-ils ?
La logique sportive semble désormais céder le pas à une logique économique. Chaque match supplémentaire signifie davantage de droits télévisés, davantage de sponsors, davantage de recettes publicitaires et davantage de revenus commerciaux. La question mérite d’être posée : la FIFA de Gianni Infantino cherche-t-elle encore à servir le football ou essentiellement à maximiser ses revenus ?
Plus inquiétant encore, cette Coupe du monde est marquée par une profonde contradiction. Alors que le football prétend unir les peuples, jamais les différences de traitement entre nations n’ont été aussi visibles.
D’un côté, les pays privilégiés, bénéficiant de facilités administratives, diplomatiques et économiques. De l’autre, des nations dont les supporters se heurtent à des obstacles considérables pour obtenir des visas, voyager ou simplement accompagner leur équipe.
Pour de nombreux Africains, Asiatiques ou ressortissants de pays du Sud, participer à la fête mondiale du football relève parfois du parcours du combattant. Certains sont soumis à des procédures administratives longues, coûteuses et humiliantes. D’autres voient leurs demandes rejetées sans véritable explication.
Peut-on réellement parler d’universalité lorsque tous les supporters ne sont pas traités avec la même dignité ?
Cette Coupe du monde donne parfois l’impression d’un football mondialisé mais profondément inégalitaire. Un football où l’on célèbre officiellement la diversité tout en maintenant, dans les faits, une hiérarchie implicite entre les nations autorisées à participer pleinement à la fête et celles qui demeurent sous surveillance permanente.
Le football devait être un instrument de rapprochement entre les peuples. Il risque de devenir le miroir des fractures du monde contemporain : inégalités de circulation, ségrégation économique, sélection implicite des supporters et marchandisation croissante du sport.
À force de vouloir toujours plus de matchs, toujours plus d’équipes, toujours plus de revenus, la FIFA court le risque de dénaturer ce qui faisait la magie de la Coupe du monde : son caractère exceptionnel.
À vouloir transformer le football en spectacle permanent, on finit par épuiser les joueurs, lasser les supporters et banaliser l’événement.
La véritable question est désormais simple : cette Coupe du monde sert-elle encore le football, ou le football sert-il désormais la machine économique qui l’entoure ?
Gianni INFANTINO sur Omar ARTAN 🇸🇴, arbitre refusé sur le sol américain 🇺🇸 : « C’EST MALHEUREUX ce qui lui est arrivé mais nous ne contrôlons pas tout… (…)
IL FAUT RESTER COOL et se détendre. Je veux unir le monde avec cette Coupe du monde. »pic.twitter.com/HwImhRsQ0G
— Actu Foot (@ActuFoot_) June 10, 2026






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