Mondial 2026: Infantino sera-t-il plébiscité en 2027 ?
À la veille de la Coupe du Monde aux États-Unis, au Canada et au Mexique, l’unanimité se fissure autour d’une organisation qui échappe totalement au contrôle de la FIFA. Pourtant, cette même instance se montre toujours très alerte lorsqu’il s’agit de suspendre des stades en Afrique pour des incidents mineurs. Face au refoulement d’un arbitre d’élite et de supporters, la FIFA se déporte à l’an 33 pour se laver les mains à la manière de Ponce Pilate.
Dans cette honte mondiale, heureusement que des voix de footballeurs s’élèvent de partout pour dénoncer une organisation bâclée. La légende Ruud Gullit a d’ailleurs ouvertement appelé à la démission de Gianni Infantino. Si son appel n’a pas encore trouvé un large écho auprès des grands médias et des associations nationales, c’est sans doute parce que certains dirigeants se disent qu’une Coupe du Monde organisée dans de telles conditions troubles servira leurs propres intérêts. Ils tiennent déjà là une occasion en or pour justifier un échec futur sur le terrain. Ils y voient une opportunité pour soutirer davantage de fonds publics à leur pays.
Pourtant, nous parlons de football. Ce sport qui rassemble partout sur la planète est aujourd’hui humilié par l’un des pays coorganisateurs, qui refoule arbitres et supporters, et impose à des équipes nationales qualifiées des contraintes logistiques aberrantes.
Gianni Infantino semble oublier que ces dérives violent le cahier des charges fondamental de la compétition.
Avouons-le : ce Mondial 2026 est déjà un échec moral pour le football. On pourrait accuser l’administration américaine, mais n’oublions pas la responsabilité première de la FIFA. Le Congrès de 2027 permettra de juger cette faillite dans les urnes. Gianni Infantino sera-t-il réélu ? Attendons de voir comment se dérouleront les 104 matches de ce Mondial.
Alain LOBOGNON
10 juin 2026
Encadré: Quelques dossiers qui fragilisent l’image d’Infantino
La plainte pénale déposée par Michel Platini, qui l’accuse notamment d’avoir œuvré à son éviction de la course à la présidence de la FIFA en 2016.
Les critiques récurrentes sur la gouvernance de la FIFA et la concentration du pouvoir autour d’Infantino depuis son arrivée à la tête de l’organisation en 2016.
La polémique sur le prix des billets du Mondial 2026, jugés excessifs par de nombreux observateurs et supporters.
Les interrogations sur la neutralité politique de la FIFA, notamment en raison des relations affichées entre Infantino et le président américain Donald Trump.
Les critiques liées à certaines décisions d’organisation du Mondial, comme l’interdiction des gourdes réutilisables dans les stades ou les préoccupations autour des droits humains et de l’impact environnemental de la compétition.





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