PPA-CI: après Dapa Donacien, le cas Florentine Fayé relance le débat sur la démocratie interne

PPA-CI: après Dapa Donacien, le cas Florentine Fayé relance le débat sur la démocratie interne

Par Dapa Donacien

Après ma révocation en tant que Coordonnateur régional du PPA-CI dans le Gontougo, que j’ai toujours considérée comme dépourvue de fondement disciplinaire clairement établi, je pensais qu’il s’agissait d’un incident isolé. Les événements récents me conduisent malheureusement à m’interroger davantage sur le fonctionnement interne de notre parti.

Cette fois, c’est la candidature du Dr Florentine Fayé à la tête de la Ligue des Femmes du PPA-CI qui suscite de nombreuses interrogations. Alors que plusieurs observateurs la considéraient comme l’une des favorites du scrutin, sa candidature a été rejetée au motif de « moralité douteuse ».

Cette formulation, particulièrement grave, mérite pourtant d’être définie avec précision. Sur quels critères objectifs repose-t-elle ? Quels faits précis la justifient ? Quelle procédure contradictoire a permis à l’intéressée de se défendre ? À ces questions essentielles, les militants attendent toujours des réponses claires.

Le problème ne concerne pas uniquement une candidature individuelle. Il touche aux principes mêmes de transparence, d’équité et de sécurité juridique qui doivent guider toute organisation politique moderne.

Une notion aussi subjective que celle de « moralité douteuse » peut donner lieu à toutes les interprétations possibles. En droit comme en politique, les décisions doivent reposer sur des critères objectifs, mesurables et vérifiables, et non sur des appréciations susceptibles de varier selon les sensibilités personnelles.

Au-delà de cette affaire, une autre question mérite d’être posée : selon quel cadre juridique exact sont actuellement organisées les élections internes du parti ?

Les nouveaux textes adoptés lors du Congrès ont-ils été officiellement publiés et portés à la connaissance de tous les militants ? Si tel n’est pas le cas, leur opposabilité juridique peut légitimement être discutée.

Dans tout État de droit, nul ne peut être soumis à des règles dont il n’a pas officiellement connaissance. Ce principe fondamental devrait également inspirer le fonctionnement des partis politiques qui aspirent à gouverner demain la Côte d’Ivoire.

Le débat actuel intervient dans un contexte déjà marqué par le départ ou l’éloignement de plusieurs figures importantes de la famille politique issue de Laurent Gbagbo. Cette situation nourrit un sentiment de malaise chez de nombreux militants qui s’interrogent sur la capacité du parti à préserver sa diversité interne.

Parallèlement, l’expérience sénégalaise continue d’alimenter les réflexions stratégiques. Là où certains rejetaient l’idée de plans alternatifs ou de candidatures de substitution, le PASTEF a démontré l’efficacité d’une stratégie fondée sur la préparation de plusieurs scénarios successifs. De Sonko à Bassirou Diomaye Faye, puis à d’autres personnalités susceptibles d’assurer la continuité du projet politique, le Sénégal a illustré l’importance de la planification dans la conquête et l’exercice du pouvoir.

La politique moderne exige l’anticipation. Gouverner, c’est prévoir. Un parti qui refuse d’envisager plusieurs options s’expose lui-même aux incertitudes de l’histoire.

Le moment est donc venu d’ouvrir un débat serein, transparent et démocratique sur les règles internes du PPA-CI, sur la gouvernance du parti et sur sa stratégie d’avenir.

Les militants attendent des réponses. Ils attendent surtout que les principes de justice, d’équité et de démocratie interne soient appliqués avec la même rigueur à tous.

C’est à cette condition que pourra être préservée l’unité indispensable à toute ambition politique nationale.

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