Redevenu pleinement éligible, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a choisi de rouvrir l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles de son parcours politique : l’affaire du rapport sur le Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac).
En engageant une procédure en révision de sa condamnation définitive, le chef du gouvernement joue gros. Très gros. Car si cette initiative vise à laver définitivement son honneur, elle pourrait aussi, en cas de retournement judiciaire, fragiliser l’édifice politique patiemment reconstruit depuis sa réhabilitation.
Il est entré en révision comme on entre en religion. Le 22 décembre, les avocats d’Ousmane Sonko annonçaient avoir officiellement saisi la justice sénégalaise d’une demande en révision de la condamnation prononcée contre leur client en 2023. Une décision judiciaire issue d’un bras de fer emblématique avec Mame Mbaye Niang, alors ministre du Tourisme sous la présidence de Macky Sall, et qui avait valu à Sonko une condamnation pour diffamation, lourde de conséquences politiques à l’époque.
À l’heure où il exerce désormais les fonctions de Premier ministre, cette initiative interroge : pourquoi rouvrir un dossier que le rapport de force politique semblait avoir définitivement clos ? S’agit-il d’une quête de vérité, d’un impératif moral, ou d’un calcul politique à haut risque dans un contexte institutionnel encore fragile ?
Avec Jeune-Afrique






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