Affaire Epstein: ce que disent des archives sur des contacts sécuritaires entre Israël et la Côte-d’Ivoire

Selon une enquête publiée par des journalistes américains, des documents récemment rendus publics mettent en lumière des échanges impliquant Jeffrey Epstein et des acteurs israéliens de la sécurité, en lien avec plusieurs pays africains, dont la Côte d’Ivoire, au début des années 2010.

Ces révélations s’appuient sur des courriels divulgués, des agendas personnels et des documents examinés par une commission de surveillance du Congrès américain, ainsi que sur une archive rendue accessible par la plateforme de lanceurs d’alerte Distributed Denial of Secrets. Les auteurs de l’enquête soulignent que ces éléments ne constituent pas des décisions judiciaires, mais des sources documentaires ouvertes à l’analyse.

Des intermédiaires privés dans un contexte post-crise

D’après ces documents, Jeffrey Epstein, décédé en détention en 2019, aurait joué un rôle d’intermédiaire privé dans des discussions portant sur des offres de coopération sécuritaire et de technologies de surveillance, aux côtés de l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, alors très actif dans le secteur privé de la sécurité après son passage au ministère de la Défense.

La Côte d’Ivoire apparaît dans ces échanges dans un contexte post-crise, marqué par la fragilisation de l’appareil sécuritaire après la crise postélectorale de 2010–2011 et par la volonté des autorités de renforcer le contrôle et la stabilité institutionnelle. Les documents évoquent la présentation de solutions techniques liées à la surveillance des communications téléphoniques et numériques, proposées par des sociétés israéliennes dirigées par d’anciens responsables du renseignement.

Un accord de coopération sécuritaire signé en 2014

Les auteurs rappellent qu’un accord de coopération sécuritaire entre Israël et la Côte d’Ivoire a effectivement été signé en 2014, un fait public et documenté. Toutefois, l’enquête avance que des démarches préparatoires informelles auraient été facilitées par des acteurs privés, dont Epstein, avant la formalisation de cet accord entre États.

Aucune preuve publique ne permet d’affirmer que ces échanges aient donné lieu à des activités illégales. Les journalistes insistent sur le fait que les documents montrent surtout des réseaux d’influence et d’intermédiation opérant à la frontière entre intérêts privés, diplomatie sécuritaire et marchés technologiques.

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