Côte d’Ivoire / Un journal révèle un détournement de 100 milliards dans un ministère – Des syndicalistes répondent à la place du ministre

Pour son grand retour en version numérique après plusieurs mois d’absence, Le Panafricain, journal proche de l’opposition ivoirienne a barré sa première page, le lundi 18 septembre 2023, avec une affaire de détournement de 100 milliards de Fcfa au ministère de la Construction, du logement et de l’urbanisme. ‘’Gestion de 5% de parts sociales au guichet unique du foncier : Des accusations de détournement de 100 milliards de FCFA secouent le ministère de la Construction’’, tel est le titre en manchette du journal. Lequel exploite des soit-transmis adressés à la présidence de la République, à la Primature et à la Banque mondiale. Ces courriers émanent de sources syndicales. Notamment le Sylac et le Synamci aujourd’hui fédérés dans la Fesy-Mclu.

Il n’en fallait pas plus pour que ces syndicats sonnent la mobilisation face à ce qu’ils considèrent comme une manipulation de l’opinion car disent-ils, les signataires des courriers n’ont plus droit de cité au ministère de la Construction depuis 2014. L’affaire telle que relatée dans les courriers remonte quant à elle à 2022 et fait cas de soupçon de détournements dont le préjudice global s’élève à 100 milliards de Fcfa. Principalement des prélèvements de 5 % sur certains actes administratifs comme l’approbation des lotissements.

Le président de la Fédération des syndicats du ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme (Fesy-Mclu), Adou Eloi qui y voyait une supercherie pour semer la brouille entre son organisation et le ministre a invité la presse à une sorte de droit de réponse sans les concernés du journal Le Panafricain. Avec les principaux ténors de son bureau syndical, ils ont apporté la réplique en rejetant en bloc les écrits de ‘’pseudo-syndicalistes’’, auteurs des courriers en question.

« Le Synamci dont je suis le secrétaire général n’a rien à avoir avec ce pseudo responsable de ce syndicat… Ces gens, depuis 2014, ne font plus partie des agents du ministère de la Construction. C’était des fonctionnaires qui étaient en service ici. Ils ne sont pas des agents du ministère en 2023. Au-delà, nous avons de bonnes relations avec le ministre. Nous sommes en discussion permanente avec lui. Actuellement, il n’y a  pas d’obstacles à voir le ministre pour discuter. Nous n’avons pas de problème avec lui », contre-attaque Adou Eloi. Le président de la Fesy-Mclu rétorque à qui veut l’entendre que les réformes du ministre Bruno Koné ont permis de donner un souffle nouveau au ministère de la Construction où les agents respirent mieux et sentent ce renouveau sur leur niveau de vie et leurs conditions de travail qui, si elles ne sont pas totalement reluisantes sont nettement meilleures comparées à celles sous le magistère des différentes ministres qui se sont succédé jusqu’ici. « Avec tout ce qu’il a fait pour nous, est-ce qu’on peut aller dire des choses méchantes et malhonnêtes sur ce ministre », achève de contrarier Adou Eloi. Et le syndicaliste d’annoncer une plainte en diffamation devant les tribunaux. ‘’Nous avons décidé de porter plainte contre le journaliste et contre les signataires qui ont utilisé notre sigle sur le document en question’’, annonce le syndicaliste. Selon une source proche du dossier, Gnonsian Alain Paul Didier cosignataire du courrier avec Ahilé Légré n’est plus en fonction au ministère de la Construction. Il avait été écroué dans une autre affaire incriminant le ministère et se serait retiré au village après la case prison.

Le vice-président de la Fesy-Mclu, Koné Kanon a, quant à lui, expliqué les prélèvements de 5 % à la base du problème soulevé. ‘’Les paiements de 5 % sont des choses que nous suivons de près. Nous sommes capables de dire à tout moment les montants encaissés. Ce n’est pas de l’argent que le ministre prend’’, tente-t-il de convaincre expliquant qu’au ministère de la Construction, pour financer certaines actions auprès des prestataires privés comme les géomètres et autres cabinets le ministère paie en espèces pour leur prestation. Et que c’est ce prélèvement qui lui permet de supporter ces charges.

Le journaliste, auteur de la publication, Dosso Villard se dit serein de son côté. Il dit avoir écrit de bonne foi après des recoupements nécessaires et que des syndicalistes actuellement en service au ministère l’ont bel et bien reçu au cours de ses investigations. Il a promis d’autres détails de l’affaire dans des parutions futures.

SD à Abidjan

sdebailly@yahoo.fr

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1 réflexion au sujet de « Côte d’Ivoire / Un journal révèle un détournement de 100 milliards dans un ministère – Des syndicalistes répondent à la place du ministre »

  1. Écoutez, si d’aventure ces détournements étaient avérés alors chaque Ivoirien et Ivoirienne devra demander des comptes au gouvernement Achi. Et Ouattara devra de la plus ferme et forte des manières frapper. L’argent du contribuable est sacro-saint. Un point. Un trait. ???

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