Côte-d’Ivoire: Lettre à Koné Katinan “Ne soit pas l’otage des radicaux du FPI”

Lettre ouverte à mon ami Koné Katina…

Cher frère,

Tu es un bon ami à moi. Nous avons passé de longs moments ensemble dans le cabinet politique du Pdt Affi durant la gouvernance Gbagbo.

Nous avons de bons souvenirs ensemble, notamment en Espagne où le Pdt Affi nous avait envoyé en formation politique. Je crois que c’était en 2008.

Du Ghana, tu m’as plusieurs fois appelé pour échanger avec moi sur la crise au FPI et la situation politique du pays. Il en est de même pour, Alain Porquet, le fils de Jeannette Koudou, sœur cadette du Pdt Gbagbo avec lequel j’ai aussi souvent parlé de politique, de la crise interne au FPI et de l’avenir de la Côte d’Ivoire. T’inquiète, de nos échanges je ne dirais mot.

Depuis quelques jours tu es sous les feux de la rampe pour avoir récemment été reçu par Gbagbo. J’ai donc pris le temps de te suivre, de décortiquer et d’analyser tes sorties. Je t’ai même appelé à plusieurs reprises. Tu avais promis passer me voir mais tu ne l’as pas fait. J’imagine que tes passages sur les plateaux télé ne t’en donnent pas le loisir. Dans l’attente de cette rencontre je voudrais te prodiguer quelques conseils amicaux et militants.

Par Jean Bonin

Cher ami,

Tu as rencontré Gbagbo. C’est vrai. Je ne l’ai pas encore rencontré. C’est vrai. Ça ne saurait tarder. Mais ce qui est tout aussi vrai c’est que toi et moi le connaissons parfaitement. Tu ne peux pas, avec Akoun, te dire et te dédire sur la question de la participation du FPI à la présidentielle de 2020. Ce tango politique qui consiste tantôt à dire à ton auditoire lors de la séance de dédicace de ton livre à Paris qu’il faut se préparer à reconquête du pouvoir et que Gbagbo leur demande de redoubler d’efforts dans leur militantisme, d’une part, et tantôt te dédire sur le plateau de TV5 en affirmant que 2020 n’est pas à l’ordre du jour tant que Gbagbo n’est pas libéré, n’est pas sérieux.

Cher ami,

Ne soit pas l’otage des radicaux du FPI qui tentent pour leur intérêts égoïstes de te manipuler en ce moment à Paris et à Accra pour que tu dises ce qu’ils souhaitent et non ce que Gbagbo t’a dit. Restes tel que tu es et tel que je t’ai connu : franc. Ne prend pas des largesses avec la vérité. Tu peux ne pas avoir aimé ce que Gbagbo t’a dit à la CPI mais ait le courage de le retransmettre sans y ajouter ton grain de sel. Ce n’est pas digne du rôle d’un porte-parole. Ceux qui te poussent dans le dos à dire ce que Gbagbo n’a pas dit te lâcheront demain. Sais-tu au moins qu’aujourdhui Stephane Kipré est interdit de visite à la CPI ? Il sait pourquoi. Tu risques de te faire désavouer et tes desseins (inavoués) de diriger le FPI par consensus risquent d’être à jamais compromis. Je te dis ces vérités parce que je t’apprécie (encore). Ne les prends surtout pas comme un affront.

Cher frère,

Tu connais Gbagbo. Nous le connaissons tous. Il déteste le culte de la personnalité. Il ne mélange pas famille et amis avec la politique. Jamais. Il est extrêmement jaloux du respect des textes, des lois et des institutions de son pays et n’a pas hésité à le dire à la barre à l’ex juge-presidente de la CPI, je le cite « Mme la Présidente, je suis ici parce que j’ai respecté les textes et les décisions des institutions de mon pays ».

Et c’est cet homme que tu veux faire passer pour un homme qui dit une chose le matin et son contraire le soir en suggérant qu’il n’a que faire des textes du FPI et de la justice ivoirienne qui reconnaissent Affi Nguessan comme le président du FPI mais que ce qui est important pour lui c’est l’amitié qu’il a avec Sangaré. Ce n’est pas sérieux. Ce n’est pas bien.

Comme tu crains la réaction des extrémistes du FPI, ce qui t’oblige à te censurer, alors laisse moi te rappeler ce que Gbagbo t’a dit :

1 – en 46 ans d’amitié, Sangaré ne m’a jamais trahi et a toujours respecté mes consignes. Je ne comprends pas pourquoi il refuse d’aller à l’unité du Parti alors que c’est ce que je souhaite.

2 – dis à Sangaré de rencontrer Affi, qu’ils se parlent et qu’ils aillent à l’unité du Parti, sans condition autour des textes qui le régisse et sans exclure qui que ce soit. Gbagbo n’a rien dit d’autre car c’est un homme sage et qui en permanence cherche le meilleur compromis, sans chercher à humilier qui que ce soit. Tu le sais.

Mon frère,

Est-ce que ce membre de phrase que tu as prononcé lors de ta conférence à Paris « Gbagbo dit que celui qui ne veut pas faire l’unité autour de Sangaré qu’il parte faire son FPI là ailleurs… » ressemble à Gbagbo que toi et moi connaissons. As-tu déjà vu Gbagbo chasser quelqu’un du FPI ? C’est pas sérieux que tu donnes de Gbagbo l’image d’un dictateur.

D’ailleurs, juste après ta conférence tu t’es précipité pour appeler Affi. Tu sais ce qu’il t’a dit concernant ta « stratégie ». Je ne dévoilerais pas ici le contenu de vos échanges. Ce n’est pas utile pour l’unité inclusive du Parti que tous nous souhaitons. Restons donc grand dans la tête et dans nos propos.

Cher cadet,

La fougue de la jeunesse est souvent mauvaise conseillère. Sais-tu que le mercredi dernier Sangaré et Affi devaient se rencontrer, sous l’égide du Pasteur Robert Dion et que finalement alors que tout le monde l’attendait Sangaré a fait faux bond a tout le monde ? Sais-tu pourquoi il n’est plus venu ? Appelles le ou appelles le pasteur ou encore le doyen Abou Cissé, ils t’en diront un peu plus. Tout ne se dit pas sur la toile.

Cher ami, M. le ministre,

Les gens accordent du crédit à ta parole car ils supposent que tu es un homme responsable. C’est de cette même manière que les blancs accordent du crédit à la parole de notre chef d’Etat, Ouattara, car dans leur entendement un chef d’Etat ne peut pas grossièrement mentir. Donc quand il dit qu’il a créé en RCI deux (2) millions d’emplois en 5 ans ou que l’indice sécuritaire du pays est équivalant à celui de la Suisse, ils le croient. Prends garde donc à ce que ta parole ne soit plus prise au sérieux. Pour un homme politique c’est catastrophique.

Mon ami,

Je suis encore à Paris pour quelques jours. J’attends donc que tu passes me voir comme tu l’as promis pour qu’on poursuive nos échanges. Tu sais où me trouver.

Travaillons à l’unité du FPI. C’est cela le plus important. Les ambitions personnelles s’exprimeront au moment opportun, mais avant il nous faut aller à l’unité. Il y va de notre intérêt à tous. J’espère qu’on s’est compris.

Ton ami et frère aîné
Jean Bonin.

Commentaires Facebook

5 thoughts on “Côte-d’Ivoire: Lettre à Koné Katinan “Ne soit pas l’otage des radicaux du FPI””

  1. Huuuum quelle est cette symphonie désagréable à l’ouïe.
    Vivement que Son Excellence Président GBAGBO Laurent soit vite libéré sinon on risque d’assister à un ballet de “kodjo”rougis de ménorragie tellement la saignée est cataclysmique du fait de la perte du pouvoir.
    En attendant je sirote mon bissap accompagné de deux “GUEDEGBA” cuits à bon point.
    À chacun sa lorgnette !!!

  2. Et on est reparti pour un autre tour, mais ces gars du FPI sont quand même terribles.

    A ce jour sans vouloir se substituer à eux dans leur histoire qui devrait rester interne, on fait les constats suivants :

    – Ceux qu’on appelle GOR disent que l’ancien CE le PR. Gbagbo veut le parti FPI

    – Les Pro-Affi sinon ceux qu’on qualifie de modérés disent c’est faux l’ancien CE le PR. Gbagbo n’a rien dit

    Comme vous faites de votre palabre interne, une histoire publique permettez qu’on pose des questions, d’abord à M. Jean Bonin :

    1- L’ancien president Gbagbo a interdit M. Stéphane Kipré de visite, donc il peut décider de ses visites ? Pouvons-nous donc conclure que c’est sans influence qu’il ne veut pas recevoir votre bord, à savoir M. Affi ?

    2- Pourquoi l’ancien CE le PR. Gbagbo a-t-il continuer de recevoir M. Katinan jusqu’à 03 reprises pendant que ce dernier tronquait déjà ces propos ? je vous rappelle qu’il devrait savoir les propos qui lui sont prêtés via internet !

    3- Si M. Sangaré est désavoué et que M. Katinan a pu s’y rendre sans passé par lui : alors pourquoi le bord Affi ne fait pas autant ?

    Je pense qu’il faut à un moment arrêter d’être malhonnête, il faut analyser les évènements et les faits. Et des faits Affi a été désavoué par son mentor.

    Je fais mon analyse des faits, je ne dis pas que tel personne à tort mais je dis des faits Affi et son bord ne détiennent pas la bénédiction de leur mentor. Car leur argument est le même et ne marche plus à savoir : « vous ne rendez par ce que M. Gbagbo a donné comme position, vous êtes manipulé »

    Aussi je trouve que le courrier a un contenu malsain, du genre des menaces voilées de révéler le contenu de conversations privées: c’est une pratique de lâche

    L’auteur et de ce fait et de mon avis perso un être malsain et très malhonnête

  3. Comment peut-on oser commenter un courrier produit par un inconnu ??

    GBAGBO LAURENT est un personnage d’état public et les personnes qui sont proches de lui, au point d’émarger sur sa liste de visiteurs sont connues.

    Jean BONIN, c’est qui ??

    Son opinion a quelle genre d’importance ??

    De quel droit se permet-il de fustiger KONE KATINAN, qui est ici le porte parole de GBAGBO LAURENT et donc sa voix autorisée ?

    Pfff….

    N’importe quoi !!

    Pop !!

  4. Sur la route menant à Grand-Bassam, précisément au niveau des artisans, à droite, existe une Secte où l’on trouve de nombreuses belles et jeunes dames veuves. Elles étaient toutes précédemment mariées sous le régime de la communauté des biens.
    Là-bas, dans cette Secte, on constate qu’il est affecté à chacune d’elles un mal tuteur, comme guide permanent, qui surveille tous leurs faits et gestes.

  5. hié monsieur bonin !
    Laurent gbagbo n’aime pas quoi ?
    gbagbo n’aime pas le culte de la personnalité ?
    @bonmaïspérimé a vraiment raison vous n’êtes vraiment ni rien ni personne au fpi.
    taisez-vous donc !

Comments are closed.