Mondial 2026: l’absence de Sébastien Haller interroge après la « cruelle » défaite des Éléphants face à l’Allemagne

 

La cruelle défaite de la Côte d’Ivoire face à l’Allemagne (2-1) dans les arrêts de jeu à Toronto laisse de nombreux regrets. Parmi les questions qui agitent aujourd’hui les supporters ivoiriens figure celle de l’absence de Sébastien Haller, l’un des grands artisans du sacre continental de 2024.

Lors de la CAN 2024 disputée à domicile, l’attaquant ivoirien avait été décisif dans les moments les plus importants. Auteur du but victorieux en demi-finale contre la RDC puis du but du sacre face au Nigeria en finale, Haller avait démontré sa capacité à répondre présent lorsque la pression atteint son maximum.

Face à l’Allemagne, les Éléphants ont souvent manqué de réalisme dans les trente derniers mètres. Plusieurs observateurs estiment que la présence de Sébastien Haller, que ce soit comme titulaire ou comme joker de luxe en fin de rencontre, aurait pu peser sur la défense allemande. Par son jeu de tête, sa puissance physique, son sens du placement et son expérience du très haut niveau européen, il aurait offert une solution supplémentaire à Emerse Faé.

Au-delà de ses qualités sportives, c’est aussi son leadership qui semble avoir manqué. Le vestiaire ivoirien traverse actuellement une période de transition générationnelle. Derrière Franck Kessié, capitaine exemplaire mais désormais plus proche de la fin de carrière que de ses débuts, plusieurs cadres historiques ont quitté la sélection. Les retraites internationales de Serge Aurier et de Max-Alain Gradel ont laissé un vide en matière d’expérience et de leadership.

Face à une équipe allemande rompue aux grands rendez-vous, la Côte d’Ivoire a parfois semblé manquer de cette voix capable de calmer le groupe dans les moments décisifs ou de faire basculer psychologiquement une rencontre.

Une autre interrogation concerne le choix d’Emerse Faé de laisser Guéla Doué sur le banc au coup d’envoi. Le latéral, auteur d’une saison remarquée en Europe, possède les qualités athlétiques et offensives susceptibles de mettre en difficulté n’importe quelle défense. Sa complicité avec Amad Diallo n’est plus à démontrer. Son entrée tardive a certes pu apporter davantage de profondeur et de percussion dans les couloirs, mais trop tardivement.

Malgré tout, les Éléphants ont démontré qu’ils avaient largement les moyens de battre l’Allemagne ou, à défaut, de conserver le point du match nul. L’occasion manquée de Simon Adingra à la 88e minute restera sans doute comme le tournant de la rencontre. À ce niveau, les détails font souvent la différence.

Les conséquences de cette défaite pourraient être importantes pour la suite du tournoi. Une victoire contre l’Allemagne aurait permis à la Côte d’Ivoire de prendre une option sérieuse sur la première place du groupe. Or, dans une Coupe du monde à élimination directe, terminer premier ou deuxième n’est jamais anodin.

En terminant deuxième, voire parmi les meilleurs troisièmes, les Éléphants s’exposent à un parcours beaucoup plus compliqué. Ils pourraient croiser dès les premiers matches directs certaines des grandes puissances du football mondial comme le Brésil, l’Argentine, l’Angleterre, l’Espagne, le Portugal, ou encore la Belgique emmenée par Romelu Lukaku.

Pour l’heure, rien n’est toutefois perdu. La Côte d’Ivoire conserve son destin entre ses mains avant son dernier match face à Curaçao. Une victoire permettrait aux hommes d’Emerse Faé de poursuivre leur aventure mondiale et de continuer à rêver d’un parcours historique.

Mais après cette défaite frustrante face à l’Allemagne, une question continuera sans doute de hanter de nombreux supporters ivoiriens : avec Sébastien Haller dans le groupe, l’histoire aurait-elle été différente ?

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