Côte-d’Ivoire le 3ème mandat de Ouattara: psychanalyse d’un président qui annonce l’avenir

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Toute la Côte d’Ivoire se souvient que le 6 mai dernier, au cours du 5ème séminaire-bilan de la gouvernance du Président Ouattara qui s’est tenu à l’hôtel PalmClub de Cocody II-Plateaux, le professeur Mamadou Koulibaly, président de Liberté et Démocratie pour la République (LIDER) jetait un pavé dans la marre : Ouattara veut un 3ème mandat.

Bien que la presse ait repris l’information, les débats et commentaires sur la question n’ont guère enflammé le buzz. Et pourtant, l’économiste de renom a vu juste : le président Alassane Dramane Ouattara veut se donner un 3ème mandat en 2020. Et les signes avant-coureurs ne trompent pas.

Pour tous les esprits aiguisés à la psychanalyse, une terrible phrase prononcée par le président Alassane Dramane Ouattara au cours de sa rencontre avec les partis politiques, le mardi 7 juin 2016 au palais présidentiel attire déjà l’attention. le président Ouattara annonce sans sourciller que dans le sénat qu’il compte mettre en place dans sa nouvelle constitution, « il faut y nommer les anciens présidents d’institutions » Jusque-là, rien d’étonnant pourrait-on dire. Mais surprise, il ajoute : « des personnalités comme Charles Konan Banny, Mamadou Koulibaly pour participer à la gestion de l’Etat. »

Ne l’oublions pas : dans le Surmoi énoncé par Sigmund Freud, il y a l’idéal du moi qui plante sa racine profonde dans le narcissisme (amour de soi), là où le moi propre se prend pour objet d’amour. En se percevant comme celui-là même qui nommera les autres (alors que, eux-mêmes se voient présidentiables) pour l’aider à gérer l’Etat, le président Alassane Dramane Ouattara nous donne un aperçu de son idéal du moi. Il se voit encore en train

de gérer quand sa nouvelle constitution entrera en vigueur. C’est comme s’il disait : je nommerai des personnalités comme Charles Konan Banny ou Mamadou Koulibaly au sénat et ils vont m’aider à gérer l’Etat, car là-bas est leur place et pas ailleurs.

Cette partie de la présentation du président Ouattara est un prototype de projection du Moi intérieur qui trahit clairement le souhait et la volonté de l’homme qui se voit lui-même en train de nommer des gens qu’il a déjà identifiés comme suseptibles de l’accompagner, voir de l’aider en acceptant de participer à la gestion de l’Etat, dans la position qu’il aura choisi pour eux. Ce serait l’idéal pour lui. Derrière cet idéal du moi, se cache, dira Freud, la première et la plus importante identification de l’indidvidu : l’identification au père de la préhistoire personnelle. Le président ouattara s’identifie au père de l’homme ; celui qui est au-dessus des hommes, avant tous les autres et qui est bien placé pour désigner les autres en leur donnant des tâches à exécuter. C’est ainsi qu’il voit les effets de sa nouvelle constitution qu’il est en train de mettre en place. C’est un Ouattara président après (et avec cette constitution) en élaboration.

Et pour corser le tout, les propositions des rois et chefs traditionnels sont totalement à l’opposé de la belle unanimité qui s’est dégagée en termes de réserves des partis de l’opposition ; des partis qui ne se sont pas concertés sur la question avant de rejeter en bloc et sur-le-champ, la proposition à eux faite.

Les rois et chefs traditionnels ont exprimé ce que le président Alassane Ouattara voulait entendre ou plus précisement ce qu’on leur demande de dire. Le surhomme est en route, pourrait-on dire en psychanalyse et c’est ainsi qu’il se perçoit avec sa constitution en élaboration. Qui vivra verra !!!

Kouadio Evariste
DEA en psychologie différentielle des universités.

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