Massacre à l’Ouest : L’ONUCI blanchit les Forces républicaines et enfonce Gbagbo

Par DR. Photo

Dans un rapport qu’elle a rédigé et resté jusque-là secret, avant d’être publié par un confrère le vendredi 1er juillet dernier, l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a dégagé la responsabilité des Forces républicaines de Côte d’Ivoire dans les massacres contre les populations civiles à l’Ouest. S’appuyant sur sa base à Duékoué, l’ONUCI a pu déterminer la chronologie des événements tragiques qui ont secoué la région du Moyen-Cavally et qui ont donné des frissons au monde entier.

Dans son rapport, elle a révélé qu’une fois mise sur pied, les FRCI n’étaient pas dotées d’équipements adéquats (uniformes, chaussures etc.) de sorte que des individus en ont profité pour se faire passer pour elles. Une situation qui a créé la confusion au point qu’on ne savait pas qui était qui et qui faisant quoi.

Conséquence : « plusieurs (personnes en treillis) ont commis des exactions contre la population civile en s’adonnant à des
actes de pillage ou de représailles », note le rapport, qui couvre les soldats de Soro quand il indique que « l’équipe d’investigation de l’ONUCI a été témoin au mois à deux reprises d’une altercation entre éléments ». Qualifiant cette situation d’ambiguë, les enquêteurs ont laissé entendre qu’ « elle a semé le doute dans l’esprit des populations qui n’arrivent pas à faire le distinguo entre les deux catégories et à faire totalement confiance aux FRCI dont certains pillage ». En clair, sous-entend le rapport, de façon globale, on ne peut imputer les massacres commis à Duékoué aux FRCI. Tout au plus, c’est seulement quelques éléments de cette force qui se sont rendus coupables d’exactions contre les populations, semble dire le rapport, qui le confirme plus loin en résumant les objectifs des FRCI : « d’une façon générale, les éléments des FRCI étaient à la recherche domiciles
des FDS, des miliciens, des mercenaires et des cadres locaux.

Ces domiciles ainsi que d’autres biens privés de valeur ont été emportés ». Des thèses qui prennent le contre-pied des rapports produits par des Ong internationales comme Human Wrights Watch ou encore Amnesty international qui accusent les FRCI de s’être rendus coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité et donc passibles de condamnation devant les tribunaux internationaux au même titre que les soldats restés fidèles à l’ancien président Laurent Gbagbo. Ce rapport de l’ONUCI, s’il est pris en compte, pourrait peser lourd dans les enquêtes que vont mener la Cour pénale internationale. Elle pourrait même constituer un bouclier pour cette force créée par ordonnance par le président Alassane Ouattara au moment où il était encore reclus au Golf hôtel avec son gouvernement. S’il disculpe en quelque sorte les FRCI, le rapport enfonce en revanche l’ancien régime. Il met en cause sa responsabilité dans les attaques menées contre les positions FRCI, ce qui a déclenché leur descente sur la ville d’Abidjan. « Les attaquant le 23 février la position des FAFN à Bounta.

Cette opération a été mûrement miliciens et des mercenaires libériens dans la perspective de cette attaque », note le rapport, qui poursuit : «le 9 mars, les FDS ont tiré des roquettes sur les populations civiles de Duékoué sous prétexte
qu’elle recherchaient des rebelles après avoir été attaqués mort de quatre bébés et d’un jeune homme ». A l’analyse, l’ancien régime serait le responsable de la majeure partie des crimes commis à l’Ouest, puisqu’il a appuyé sur le bouton qui a tout déclenché. Pourquoi un tel rapport rédigé par l’ONUCI est-il resté dans les tiroirs ? Pourquoi ne l’a-t-elle pas publié ou refuse-t-elle de la publier pour la manifestation de la vérité ? A moins qu’il ne soit rédigé à l’intention de la hiérarchie et donc insusceptible d’être porté à la connaissance du public.

Y.DOUMBIA
L’Inter

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