Chu de Bouaké: LES BLESSÉS DE GUERRE GARDENT LE MORAL

Porte-Parole Défense

 

Ils sont près d’un millier de soldats qui ont été blessés au cours de l’offensive qui a abouti à la libération de la Côte d’Ivoire. Ils ont été conduits dans les différents hôpitaux du pays afin d’y recevoir les soins appropriés.Chu de Bouaké, mercredi 15 juin 2011. Si l’on en croit le Dr Vamara Touré, le référent qualité qui a bien voulu autoriser ce reportage, ce sont, au total, cent quatre-vingt éléments des Frci blessés qui y ont été admis. « Ils ne sont plus que trois soldats dont la guérison nécessite un peu plus de temps », nous expliquera-t-il d’entrée de jeu. Il nous apprend que la pluspart des soldats souffraient de blessures causées par des armes à feu ayant engendré des fractures ouvertes, soit au bras, à la tête, soit au pied…Il y en a eu, poursuit-il, qui avaient des balles logées dans le ventre quand d’autres avaient reçu des éclats d’obus dans les yeux.

Naturellement, nous avons tenu à rendre visite aux trois derniers blessés encore sur place. Dans quel état d’esprit sont-ils ? Comment évolue leur état de santé ? Dans quelles conditions ont-ils été blessés? Est-ce que leur prise en charge est totale ?… Avec la compréhension du Dr Vamara Touré, le contact a été vite établi. A la chambre 7 se trouve le caporal Gaoussou Savané. Il est du bataillon « Mystique » de Katiola dirigé par le commandant Hervé Touré dit « Vétcho ». Malgré la gravité de sa blessure au tibia gauche, c’est un soldat au moral haut qui s’est confié à nous. « J’ai été blessé de façon accidentelle. La balle a cassé mon tibia gauche. C’était le 11 avril aux environs de 2h30 du matin à l’école de la gendarmerie, le jour de l’arrestation de l’ex- Président, Laurent Gbagbo », explique-t-il. Le caporal avoue être satisfait des soins qui lui sont prodigués par les médecins. « Lorsque j’ai vu l’état de mon pied le premier jour, je me suis mis à l’idée que j’allais être amputé. Mais grâce à la compétence de nos médecins, mon pied a été sauvé. Je ne saurais les remercier », se réjouit-il.

Notre parcours nous conduit à la chambre 10. Là se trouve le caporal, Issiaka Fofana. Contrairement à son frère d’armes, lui, a pris un sérieux coup au moral du fait de son séjour qu’il juge trop long. « Je suis un père de famille. Je veux partir de l’hôpital. Je suis là depuis près de trois mois, » confie-t-il. Le caporal Fofana est un élément de la zone 7 (Touba). Selon ses propos, il a reçu des éclats d’obus lors de l’offensive que leur unité a menée sur Duékoué. Dr Vamara Touré essaie de l’aider à prendre son mal en patience, en lui expliquant que les éclats d’obus ont atteint l’os, ce qui complique la cicatrisation rapide de la plaie.

Après nos souhaits appuyés de prompt rétablissement, nous voici- je aux côtés du troisième soldat, le caporal Yaya Sylla.

Son large sourire en dit long sur son état d’esprit. Le caporal Sylla est un élément du commandant Issiaka Ouattara dit « Wattao ». Il a le pied, raide comme un fer. « Je ne peux pas le plier », nous dit-il. C’est que le caporal Ouattara, par un malheureux coup du sort, a été blessé par balle par l’un de ses compagnons. Le diagnostic des médecins est sans équivoque : « Ils (médecins) disent que mon genou a été broyé par la balle ». Et de raconter : « Nous étions au corridor sud de Daloa. Aux environs de 6h du matin, retentissent des coups de feu. Nos chefs nous recommandent de nous plaquer au sol. Nous nous exécutons. C’est étant plaqué au sol, qu’un collègue, par une mauvaise manipulation de son arme, a tiré dans mon genou ». Cependant, en bon croyant, il n’en veut pas à ce dernier: Trois de ses frères d’armes qui ont, comme lui, vaincu la souffrance physique et morale, affirment avoir été bien traités par une équipe médicale efficace et disponible. Les soins sont également gratuits. « Tant que les médicaments qui nous sont prescrits par les médecins se retrouvent dans la pharmacie de l’hôpital, on nous les livre gratuitement. C’est seulement quand on les a pas en pharmacie ici que nous sommes contraints de les payer dans les officines en ville privées en ville».

Charles Kazony

Agence Bouaké
Fraternité Matin

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