Crise postélectorale / Laurent Gbagbo sur CBN news: “Quand tu es Chef d’un petit pays, il est difficile de résister plus longtemps”

Olivier Dion | L’Intelligent d’Abidjan

Le président Laurent Gbagbo a accordé une interview à la chaine américaine CBN news, diffusée sur les antennes de la RTI le samedi 8 janvier 2011. Laurent Gbagbo y évoque les sujets relatifs à l’actualité postélectorale en Côte d’Ivoire.

Laurent Gbagbo a tenu à expliquer aux Américains, à travers la chaine CBN news, les tenants et les aboutissements de la crise actuelle en Côte d’Ivoire, née au lendemain du second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. « J’ai reçu une délégation de la CEDEAO la première fois et une deuxième fois la même délégation de la CEDEAO plus un représentant de l’Union africaine. On a parlé de la situation, je leur ai expliqué que mon adversaire n’a pas gagné les élections et que j’ai gagné les élections et que j’ai les éléments pour montrer que j’ai gagné les élections, parce que je propose qu’on aille à la recherche de la vérité. Ils m’ont dit qu’ils souhaitaient la voie de la négociation avec mon adversaire. J’ai donc accepté qu’on négocie », a indiqué Laurent Gbagbo qui a noté que son adversaire, Alassane Ouattara, a rejeté les propositions des émissaires de la CEDEAO et de l’Union africaine, estimant que Laurent Gbagbo reconnaisse d’abord sa victoire avant toute négociation. Mais pour Laurent Gbagbo, la Côte d’Ivoire se retrouve dans cette impasse, parce que le désarmement ne s’est déroulé comme prévu avant d’aller aux élections. « Tous ceux qui parlent, ONU, France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, faisaient pression sur moi pour qu’on aille aux élections, malgré le non désarmement. J’ai résisté comme j’ai pu, mais vous savez, quand tu es chef d’un petit pays, il est difficile de résister plus longtemps. Et aujourd’hui, il faut qu’ils acceptent de prendre la responsabilité de ce qui est arrivé à la Côte d’Ivoire. On ne peut pas aller aux élections avec des gens en armes, qui vous pointent le fusil sous la tempe », a expliqué Laurent Gbagbo. Il en veut pour preuve les exactions faites à ses partisans dans le Nord de la Côte d’Ivoire, où, a-t-il dit « des gens ont été blessés, mes représentants ont été chassés des bureaux de vote, les procès verbaux des bureaux de vote ont été refaits. On a par exemple dans le Nord, 2200 bureaux de vote où le nombre des votants est supérieur au nombre des inscrits », preuve selon lui qu’il y a eu « une fraude grossière » dans cette partie du territoire ivoirien. A la question de savoir pourquoi la situation reste bloquée, malgré la médiation des organisations sous-régionales et de l’Union africaine et pourquoi la France et les Etats-Unis soutiennent Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo a fait des précisions. « Généralement dans le monde, il y a quelques fois des fraudes, mais c’est le président qui est au pouvoir qui fraude. Ici, c’est celui qui n’est pas président qui fraude (…) Le problème ne se passe pas tellement à l’intérieur de la Côte d’Ivoire, mais le problème se pose à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, parce que les soutiens de mon adversaire sont surtout des soutiens extérieurs. C’est donc à ceux de l’extérieur que je demande de venir pour découvrir la vérité, revérifier les procès verbaux des bureaux de vote. Quand ils vont découvrir eux-mêmes que dans plus de 2000 bureaux de vote les votants sont plus nombreux que les inscrits, je crois qu’ils vont comprendre. Les rebelles armés ont donné 600.000 voix de plus à mon adversaire et ce sont ces voix-là que le Conseil constitutionnel a annulées, parce qu’ils n’émanaient pas du peuple (…) Je ne sais pas pourquoi, mais je sais qu’il y a longtemps qu’ils souhaitent que Ouattara soit président de la Côte d’Ivoire. Je ne sais pas quel deal il y a entre Ouattara et eux, je ne suis pas dans leurs secrets, mais je sais qu’il y a longtemps qu’ils cherchent à mettre Ouattara au pouvoir », a dit Laurent Gbagbo qui se refuse actuellement à lancer un assaut pour déloger les occupants inhabituelles de l’hôtel du Golf. « Il y a plus de 300 personnes armées à l’intérieur de l’hôtel du Golf, mais nous avons été obligés de prendre des dispositions sécuritaires, pour les empêcher de nuire. C’est tout. On ne peut pas faire un assaut pour les déloger, parce que les gens ne vont pas comprendre, mais on les empêche de nuire », a-t-il a ajouté en demandant à Alassane Ouattara et à ses partisans de regagner leurs domiciles respectifs.

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