Solidarité nationale: l’OSCS renforce son dispositif d’alerte et de prise en charge des sinistrés

Face à la recrudescence des intempéries et des situations de vulnérabilité à travers le pays, l’Observatoire de la Solidarité et de la Cohésion Sociale (OSCS) joue un rôle central dans l’identification des populations sinistrées et l’orientation de l’aide gouvernementale. Dans un entretien accordé au Centre d’Information et de Communication Gouvernementale (CICG), son Directeur général, Coulibaly Tiohozon Ibrahima, a détaillé les mécanismes mis en place pour assurer une réponse rapide et efficace aux situations d’urgence.

Créé le 28 février 2008, l’OSCS est un établissement public national né de la volonté des autorités ivoiriennes de mieux comprendre et prévenir les facteurs de fragilisation sociale ayant conduit aux crises qu’a connues le pays. Sa mission principale consiste à assurer une veille permanente, à lancer des alertes précoces et à fournir aux décideurs publics les informations nécessaires à une intervention adaptée.

« Nous avons un mécanisme qui permet d’être alerté à temps, d’identifier les populations sinistrées et de calibrer l’intervention de l’État », explique le Directeur général de l’institution.

Une veille permanente sur tout le territoire

L’OSCS intervient notamment dans le suivi des populations affectées par les catastrophes naturelles, les incendies, les tempêtes ou encore les déguerpissements. Dès qu’un sinistre est signalé, les équipes de l’Observatoire sont mobilisées afin d’évaluer rapidement les besoins des populations concernées.

Pour accomplir cette mission, l’institution s’appuie sur un vaste réseau de surveillance couvrant l’ensemble du territoire national. La Côte d’Ivoire a ainsi été subdivisée en cinq grandes zones de monitoring : Est, Ouest, Nord, Sud et Centre.

Dans chacune des 31 régions et des deux districts autonomes du pays, des commissions régionales travaillent en étroite collaboration avec des moniteurs communautaires bénévoles chargés de signaler les incidents et les situations de vulnérabilité.

Selon Coulibaly Tiohozon Ibrahima, ce réseau compte près de 12 000 moniteurs engagés au service de leurs communautés.

« Ce sont des citoyens bénévoles qui nous alertent sur les conflits, les incendies, les inondations ou toute autre situation nécessitant l’intervention de l’État », précise-t-il.

Un système rigoureux de vérification des informations

Pour éviter toute erreur ou exagération dans les signalements, l’OSCS a mis en place un dispositif de vérification à plusieurs niveaux.

Les alertes reçues sont d’abord recoupées avec d’autres moniteurs présents dans la même zone. Ensuite, les informations sont confirmées auprès des autorités locales, notamment les chefs de village, les sous-préfets et les services administratifs compétents.

« Nous recoupons les faits au niveau communautaire puis au niveau administratif. Cela nous permet de nous assurer que les informations dont nous disposons sont exactes », souligne le Directeur général.

Une fois les faits confirmés, un rapport détaillé est transmis à la ministre en charge de la Solidarité afin de permettre une évaluation précise des besoins et la mobilisation de l’aide gouvernementale.

Une intervention adaptée aux besoins des ménages

L’action du ministère repose sur un principe de ciblage et de proportionnalité. L’OSCS procède à l’identification des ménages sinistrés et établit des listes nominatives permettant d’évaluer les besoins réels des victimes.

Les aides peuvent prendre plusieurs formes : vivres, couvertures, tôles, ciment ou autres produits de première nécessité selon les dommages subis.

Toutefois, l’intervention directe de l’administration centrale est généralement déclenchée lorsque le nombre de sinistrés atteint un seuil compris entre 20 et 25 personnes. En dessous de ce seuil, les autorités décentralisées sont appelées à prendre les premières mesures de soutien.

Les opérations de distribution de l’aide s’effectuent en présence des autorités administratives, des responsables régionaux du ministère, ainsi que des chefs coutumiers et communautaires, afin de garantir la transparence du processus.

Comment contacter l’OSCS ?

Les populations confrontées à une situation de sinistre peuvent saisir l’OSCS à travers les moniteurs communautaires présents dans la plupart des localités ou via les commissions régionales.

À Abidjan, l’Observatoire est également joignable directement aux numéros suivants :

07 88 47 46 03
05 65 40 76 92
01 01 49 52 79

Un numéro vert, le 135, devrait prochainement être mis en service afin de faciliter davantage les signalements.

Appel à la vigilance en saison des pluies

Profitant de cet entretien, Coulibaly Tiohozon Ibrahima a lancé un appel à la prudence à l’endroit des populations, particulièrement en cette période de fortes pluies.

Il a invité les citoyens à suivre scrupuleusement les consignes émises par les autorités compétentes, notamment l’Office National de la Protection Civile (ONPC), le Groupement des Sapeurs-Pompiers Militaires (GSPM), la SODEXAM ainsi que l’OSCS.

Le Directeur général a également rappelé l’importance d’éviter les zones à risque lors des épisodes orageux, notamment les arbres isolés, les structures métalliques et les installations susceptibles d’attirer la foudre.

Saluant les mesures préventives mises en place à Bingerville, où certaines voies sont désormais fermées lors d’alertes météorologiques majeures, il estime que la prévention demeure le meilleur moyen de sauver des vies.

« Mieux vaut être en retard ou perdre un rendez-vous que de perdre la vie », a-t-il insisté.

Au-delà des questions de sécurité, le responsable de l’OSCS a conclu son intervention par un appel au patriotisme, à l’engagement citoyen et au renforcement de la cohésion sociale, valeurs qu’il considère comme essentielles à la stabilité et au développement de la Côte d’Ivoire.

Source : CICG

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