Terrorisme : la Côte d’Ivoire exposée à un nouveau corridor djihadiste entre le Mali et la Guinée

Une étude alerte sur le risque d’un nouveau front djihadiste à ses frontières

L’expansion du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, dans le sud-ouest du Mali et le nord de la Guinée fait peser une menace sécuritaire sur la Côte d’Ivoire. Une étude de la Fondation Konrad Adenauer met en garde contre la formation d’un corridor djihadiste dans la zone des trois frontières.

La menace djihadiste pourrait prendre une nouvelle dimension aux frontières de la Côte d’Ivoire. Selon une étude de la Fondation Konrad Adenauer, intitulée « Aux portes de la Guinée, l’ancrage du JNIM dans le sud-ouest malien et les risques d’un nouveau front », le groupe armé poursuit depuis 2018 son implantation dans les régions forestières du sud-ouest du Mali, avec un risque de débordement vers la Guinée et les pays voisins.

L’organisation profite de la pauvreté, des tensions communautaires, de la faiblesse des services publics et des activités de contrebande pour étendre son influence. Les forêts lui servent de refuges, de bases logistiques et de zones de préparation d’opérations.

L’étude souligne notamment l’importance stratégique de la forêt de Noumoudjila, située à cheval entre le Mali, la Guinée et la Côte d’Ivoire. Cette zone pourrait favoriser la constitution d’un corridor permettant aux combattants de circuler entre plusieurs territoires.

Au-delà de ses objectifs militaires, le JNIM cherche à contrôler les activités économiques locales, notamment les sites d’orpaillage, les couloirs de transhumance et les axes commerciaux. Il impose progressivement des taxes aux populations et s’appuie sur certains réseaux locaux pour renforcer son implantation.

Les chercheurs envisagent trois scénarios : une réduction de la menace grâce à une coopération sécuritaire renforcée, une consolidation de l’emprise djihadiste sur les zones forestières et les ressources économiques, ou l’ouverture d’un nouveau front armé en Guinée, avec des risques d’extension régionale.

Face à cette situation, la Fondation Konrad Adenauer recommande une réponse associant coopération militaire, présence effective de l’État, règlement des conflits fonciers et développement économique local.

Source : Mondafrique, d’après une étude de la Fondation Konrad Adenauer.

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