Une doyenne des juges d’instruction passe à la présidence d’une chambre de jugement
Longtemps restée dans la discrétion des cabinets d’instruction du Pôle pénal économique et financier (PPEF), une magistrate expérimentée s’apprête à faire ses premiers pas à la tête de la quatrième chambre de jugement. Une nouvelle fonction qui la place désormais au premier plan des audiences publiques.
Elle était l’une des chevilles ouvrières du Pôle pénal économique et financier (PPEF). Discrète, presque invisible du grand public, elle était pourtant bien connue des personnes convoquées devant les juges d’instruction de cette juridiction spécialisée.
Doyenne des juges d’instruction, elle exerçait ses fonctions dans les cabinets, loin de l’exposition médiatique des audiences. Son travail et celui de ses collaborateurs occupaient néanmoins une place centrale dans les procès. Pour confronter les prévenus à leurs précédentes déclarations, le ministère public et les présidents des chambres de jugement s’appuient régulièrement sur les procès-verbaux établis pendant l’instruction.
À la fin de l’année judiciaire 2025-2026, la magistrate a connu une évolution rapide de sa carrière. D’abord nommée avocate générale à la Cour d’appel, elle n’a pas eu le temps de prendre ses nouvelles fonctions avant d’être rappelée au PPEF, cette fois en qualité de vice-présidente.
Pour la nouvelle année judiciaire, elle prend la présidence de la quatrième chambre de jugement, dont les audiences se tiendront chaque mardi. Sa première audience est annoncée pour ce mardi 27 octobre 2026.
Comme le suggère une expression imagée, « le masque sort de la maison du père pour danser sur la place publique ». Autrement dit, celle qui instruisait les dossiers dans la discrétion des cabinets devra désormais conduire publiquement les débats judiciaires.
Cette nomination accompagne une réorganisation du PPEF, qui compte désormais quatre chambres de jugement, toutes présidées par des magistrates expérimentées.
Les audiences se déroulent les mardis, mercredis, jeudis et vendredis. Avec les audiences de flagrants délits organisées le lundi, l’activité judiciaire couvre désormais les cinq jours ouvrables de la semaine.
Quant à l’identité de la nouvelle présidente, l’auteur du témoignage à l’origine de ces informations préfère entretenir le mystère, tout en rappelant que les audiences sont publiques.
Une façon de souligner que, dans une juridiction où se jouent des affaires économiques et financières sensibles, la discrétion reste parfois une précaution appréciée.
La nouvelle présidente de la quatrième chambre devra désormais conjuguer l’expérience acquise dans l’instruction des dossiers avec les exigences de la conduite des audiences et du jugement.
Avec Fernand Dedeh






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