Une nouvelle combinaison de deux immunothérapies ouvre des perspectives inédites dans le traitement du cancer du poumon à petites cellules, l’une des formes les plus agressives de la maladie. Présentés le 24 octobre 2026 à Madrid, lors du congrès de la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO), les résultats d’un essai clinique international font état d’une réduction de 58 % du risque de décès et d’un allongement significatif de la survie des patients.
Un espoir majeur pour les malades du cancer du poumon. Des chercheurs viennent de franchir une étape importante dans la lutte contre le cancer du poumon à petites cellules, une forme particulièrement agressive qui touche principalement les fumeurs et anciens fumeurs.
Devant quelque 8 000 médecins et chercheurs réunis à Madrid, l’oncologue américain Jacob Sands, du Dana-Farber Cancer Institute de Boston, a dévoilé les résultats de l’essai clinique de phase 3 DeLLphi-305, consacré à une nouvelle stratégie thérapeutique associant deux immunothérapies.
L’étude, menée auprès de 563 patients atteints d’un cancer du poumon à petites cellules à un stade avancé, montre une réduction de 58 % du risque de décès par rapport au traitement de comparaison.
Une survie prolongée de plus de huit mois
Les résultats sont particulièrement encourageants. La survie médiane des patients ayant bénéficié de cette nouvelle combinaison a atteint 21,1 mois, contre 12,7 mois dans le groupe de comparaison, soit un gain de 8,4 mois.
Autre résultat significatif : un an après le début du traitement, 79 % des patients du premier groupe étaient encore en vie, contre 53 % dans le groupe témoin.
Ces données constituent une avancée importante pour une maladie dont le pronostic demeure particulièrement sombre lorsqu’elle est diagnostiquée à un stade avancé.
Le cancer du poumon à petites cellules représente environ 15 % des cancers pulmonaires. En France, quelque 6 000 nouveaux cas sont recensés chaque année.
Sa particularité réside dans sa progression rapide et sa capacité à se propager précocement vers d’autres organes, notamment le foie, les os et le cerveau.
Deux immunothérapies associées après la chimiothérapie
La nouvelle approche repose sur l’association du tarlatamab et du durvalumab, deux médicaments qui agissent différemment sur le système immunitaire.
Le durvalumab aide les défenses immunitaires à reconnaître et à attaquer les cellules cancéreuses, tandis que le tarlatamab favorise le rapprochement des cellules immunitaires et des cellules tumorales afin de faciliter leur destruction.
L’innovation majeure consiste à administrer cette combinaison après la chimiothérapie initiale, sans attendre une rechute du cancer.
Jusqu’ici, les possibilités thérapeutiques restaient limitées pour de nombreux patients dont la maladie progressait malgré les premiers traitements.
Les résultats de cette étude ont également fait l’objet d’une publication scientifique dans le prestigieux New England Journal of Medicine.
Un espoir pour l’Afrique, mais la question du coût demeure
Cette découverte pourrait également ouvrir de nouvelles perspectives pour les malades africains, notamment en Côte d’Ivoire, où la prise en charge des cancers constitue un enjeu croissant de santé publique.
Le développement des infrastructures spécialisées, notamment le Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO), à Abidjan, contribue à améliorer l’accès aux soins.
Mais les traitements innovants d’immunothérapie restent généralement coûteux et nécessitent des équipements adaptés ainsi qu’un suivi médical spécialisé.
La disponibilité de cette nouvelle association thérapeutique en Côte d’Ivoire n’est pas encore établie.
Pour les pays africains, le défi sera donc de transformer ces avancées scientifiques en traitements effectivement accessibles aux populations.
Une avancée majeure, mais pas encore une guérison
Malgré les résultats spectaculaires annoncés à Madrid, les chercheurs appellent à la prudence. Une réduction de 58 % du risque de décès ne signifie pas que 58 % des patients sont guéris.
Le traitement peut également provoquer des effets indésirables importants, notamment des réactions inflammatoires liées à l’activation du système immunitaire.
Des évaluations complémentaires restent nécessaires pour préciser ses bénéfices à long terme et déterminer les meilleures conditions de son utilisation.
Cette avancée marque néanmoins une étape importante dans la recherche contre un cancer longtemps caractérisé par des perspectives de survie limitées.
Pour les patients et leurs familles, elle fait naître un espoir concret : celui de vivre plus longtemps grâce à des traitements capables de mobiliser plus efficacement les défenses naturelles de l’organisme.






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