Métro d’Abidjan : comment le ministre Hien Sié a fait plier Bouygues et évité un surcoût de 300 milliards FCFA

Le ministre ivoirien des Infrastructures et de l’Entretien routier, Yacouba Hien Sié, aurait obtenu un compromis financier majeur avec le groupe français Bouygues et ses partenaires sur le chantier du métro d’Abidjan. Selon des informations rapportées par Africa Intelligence et EnquêteMedia, les négociations auraient permis de ramener un surcoût potentiel de plus de 328 milliards à environ 46 milliards de FCFA, tout en préservant l’objectif d’une mise en service en 2028.

Le métro d’Abidjan a frôlé une nouvelle dérive financière et un report de son calendrier. Évalué à près de 1 200 milliards de FCFA, ce mégaprojet de 37,5 kilomètres, reliant Anyama à l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny, devait initialement entrer en service en 2028.

Mais les modifications exigées par le nouveau ministre Yacouba Hien Sié, notamment sur l’emplacement des stations, leur accessibilité et les aménagements routiers, risquaient de provoquer un surcoût supérieur à 500 millions d’euros, soit environ 328 milliards de FCFA, et de repousser l’inauguration à 2030.

Bouygues et ses partenaires sous pression

Selon Africa Intelligence, dans sa publication du 15 octobre 2026, ces nouvelles exigences ont suscité des inquiétudes au sein du consortium français chargé du projet, composé notamment de Bouygues Travaux Publics, Colas Rail, Alstom et Keolis, ainsi qu’à Paris.

Déterminé à éviter une explosion des coûts, Yacouba Hien Sié a multiplié les rencontres avec les responsables du chantier.

Le 14 octobre, il a reçu une délégation de la Société de transport abidjanais sur rail (STAR), conduite par son directeur général Alain Descamps, exigeant une accélération des travaux.

Le 22 octobre, c’était au tour de Michel Kahan, président du groupe français d’ingénierie SETEC, chargé de l’assistance technique aux côtés du BNETD, d’être reçu au ministère. Le ministre a insisté sur la qualité des ouvrages et le respect du calendrier.

Un surcoût ramené de 328 à 46 milliards FCFA

Selon les informations d’EnquêteMedia, les discussions engagées avec les partenaires du projet auraient finalement abouti à un compromis.

Les modifications techniques auraient été revues afin de ramener leur coût supplémentaire à moins de 70 millions d’euros, soit environ 46 milliards de FCFA, contre plus de 328 milliards initialement envisagés.

L’économie potentielle dépasserait ainsi 280 milliards de FCFA par rapport au scénario de surcoût initial, sous réserve de confirmation des montants définitifs.

Ce compromis permettrait également de maintenir l’objectif d’une inauguration en 2028, alors qu’un report à 2030 était redouté.

Si ces informations se confirment, Yacouba Hien Sié aura obtenu une révision financière significative sur l’un des plus importants chantiers d’infrastructures du pays.

Reste désormais à traduire cet accord présumé dans les faits. Car au-delà des négociations avec Bouygues, c’est bien la livraison effective du métro, dans les délais et sans nouvelle explosion budgétaire, qui constituera le véritable test pour les autorités ivoiriennes.

Sources : Africa Intelligence, 15 octobre 2026 ; EnquêteMedia, octobre 2026

Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Défiler vers le haut