Ordre des experts-comptables en Côte d’Ivoire: Pascale Guéi-Ecaré sur le départ, des figures proches du RHDP opposées à ses réformes

La présidente de l’Ordre des experts-comptables de Côte d’Ivoire (OEC-CI), Pascale Guéi-Ecaré, ne souhaiterait pas briguer un second mandat à la tête de l’institution. Selon des informations recueillies, cette décision serait liée à un climat interne difficile, marqué par des rapports de force avec certaines figures historiques de l’Ordre, présentées comme proches du parti au pouvoir, le RHDP, et opposées à plusieurs de ses réformes. À ces résistances s’ajouteraient des tensions autour de la place des femmes dans les instances dirigeantes de la profession.

 

Pascale Guéi-Ecaré serait-elle arrivée au terme de son engagement à la tête de l’Ordre des experts-comptables de Côte d’Ivoire ?

Élue à la présidence de cette organisation professionnelle en janvier 2024, la dirigeante ne serait plus disposée à solliciter un nouveau mandat. En cause, selon les informations qui nous sont rapportées, des tensions persistantes avec certains anciens responsables de l’institution autour des réformes engagées, mais également des difficultés liées aux rapports de genre dans un environnement professionnel historiquement dominé par les hommes.

Cette perspective de départ intervient alors que la question du renouvellement des instances dirigeantes et de la place des femmes dans les professions réglementées demeure un enjeu important.

Entre l’influence des anciens, les réseaux politiques et les résistances internes

À la tête de l’OEC-CI, Pascale Guéi-Ecaré aurait dû composer avec l’influence de personnalités historiques de l’organisation, dont certaines conserveraient un poids important dans les équilibres internes.

Selon nos informations, plusieurs de ces figures, présentées comme proches du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), se seraient opposées à certaines réformes entreprises par la présidente.

Ces résistances auraient progressivement pesé sur l’exercice de ses responsabilités et sur sa volonté de poursuivre à la tête de l’institution.

La question du genre serait également venue compliquer la situation. Des attitudes et pratiques perçues comme discriminatoires auraient contribué à détériorer le climat de travail, au point de rendre peu attractive la perspective d’un nouveau mandat.

Une présidence historique confrontée à l’épreuve du changement

Pascale Guéi-Ecaré est la première femme à diriger l’Ordre des experts-comptables de Côte d’Ivoire. Son mandat doit normalement s’achever début 2027.

Dans un entretien accordé à Fraternité Matin le 4 août 2026, elle reconnaissait l’existence de résistances aux réformes engagées sous sa présidence, notamment à l’instauration du contrôle qualité des cabinets. Elle évoquait également la persistance du plafond de verre dans la profession, tout en mettant en avant la concertation avec ses confrères.

Les tensions internes ne sont d’ailleurs pas entièrement nouvelles. En septembre 2024, le média KOACI rapportait une controverse autour du licenciement de la directrice exécutive de l’Ordre, Diallo Irié Leya Lou, et d’une procédure judiciaire consécutive à cette décision.

Ce précédent avait déjà suscité des interrogations sur la cohésion interne de l’organisation. L’issue de cette procédure n’a pas été établie dans les informations disponibles. Aucun lien direct n’est par ailleurs démontré entre cette affaire et les résistances auxquelles la présidente serait aujourd’hui confrontée.

Une succession qui pourrait raviver les rivalités

Si son retrait se confirmait, l’Ordre des experts-comptables [critiqué pour son convervatisme] serait confronté à une nouvelle phase de transition, sur fond de divergences entre « jeunes » experts et « vieux » experts, concernant l’orientation et la gouvernance de l’institution.

Par delà la désignation de son successeur, se poserait alors la question de la poursuite des réformes engagées depuis 2024 : contrôle qualité, digitalisation des procédures, lutte contre l’exercice « illégal » de la profession et modernisation de la gouvernance.

Le départ de Pascale Guéi-Ecaré aurait également une portée symbolique. Première femme à accéder à la présidence de cette institution, elle pourrait quitter ses fonctions après un seul mandat, alors même que son élection avait été présentée comme une avancée pour la représentation féminine dans les métiers du chiffre.

Connectionivoirienne.net

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