La Directrice générale de la Protection sociale, Fatoumata Fofana Soro, fait le point sur la Prime spéciale de retraite, les réformes du calcul des pensions et l’élargissement de la pension d’orphelin. Selon elle, plus de 220 000 bénéficiaires ont reçu au total plus de 55 milliards de FCFA au titre de la prime spéciale.
Instituée en 2024 à l’initiative du président Alassane Ouattara, la Prime spéciale de retraite constitue un complément annuel versé en septembre aux bénéficiaires des prestations de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) et de la Caisse générale de retraite des agents de l’État (CGRAE).
Dans un entretien diffusé par le Centre d’information et de communication gouvernementale (CICG), Fatoumata Fofana Soro, directrice générale de la Protection sociale, revient également sur les changements apportés au calcul des pensions du secteur privé et sur la réforme de la pension d’orphelin adoptée en Conseil des ministres le 23 septembre 2026.
Une prime annuelle équivalant aux deux tiers de la pension mensuelle
Annoncée le 6 août 2024, la Prime spéciale de retraite est versée chaque année au mois de septembre. Elle vise notamment à apporter un soutien financier supplémentaire aux retraités et à leurs familles pendant la période de rentrée scolaire.
En 2024, son montant correspondait à un tiers de la pension mensuelle. Depuis 2025, il représente les deux tiers de cette pension.
Ainsi, un retraité percevant 300 000 FCFA par mois reçoit une prime de 200 000 FCFA. Sa pension et cette prime portent donc ses revenus du mois de septembre à 500 000 FCFA.
Selon Fatoumata Fofana Soro, plus de 55 milliards de FCFA ont été versés à 220 000 bénéficiaires. La prime concerne également les veuves et les orphelins mineurs relevant des régimes concernés.
La pension minimale de la CNPS portée à 60 000 FCFA
Les réformes engagées pour les travailleurs salariés affiliés à la CNPS visent, selon la directrice générale, à mieux valoriser les années de cotisation.
Trois changements majeurs sont mis en avant.
Le premier concerne le doublement de la pension minimale, passée de 30 000 à 60 000 FCFA.
Le deuxième porte sur le taux d’annuité liquidable, utilisé dans le calcul de la pension, qui est passé de 1,7 % à 2 %.
Enfin, le taux de remplacement, auparavant plafonné à 50 %, a été déplafonné dans le cadre de la réforme.
Ces modifications concernent les salariés affiliés à la CNPS et ne doivent pas être confondues avec les modalités applicables aux autres régimes de retraite.
La pension d’orphelin désormais ouverte après le décès d’un seul parent
Autre évolution importante : la réforme de la pension d’orphelin adoptée en Conseil des ministres le 23 septembre 2026.
Selon Fatoumata Fofana Soro, cette prestation est destinée aux enfants de moins de 21 ans d’un assuré ou d’un retraité décédé.
Avant la réforme, le dispositif était réservé aux enfants ayant perdu leurs deux parents. Désormais, le décès du père ou de la mère peut ouvrir le droit à cette pension, selon les conditions applicables.
L’enveloppe attribuée aux orphelins représente 50 % de la pension du parent décédé. À titre d’exemple, pour une pension de 200 000 FCFA, le montant prévu pour les orphelins est de 100 000 FCFA par mois, selon les modalités de répartition applicables.
La directrice générale indique que le nombre de bénéficiaires est passé de moins de 200 à plus de 1 836 en 2026.
Des projections financières jugées favorables
Interrogée sur la pérennité des droits des retraités et de leurs ayants droit, Fatoumata Fofana Soro affirme que les études disponibles indiquent que les nouvelles mesures sont compatibles avec la viabilité financière des régimes.
Pour le secteur public, les projections mentionnées font état d’excédents jusqu’en 2040. Dans le secteur privé, elles resteraient positives au-delà de 2050, avec un solde technique projeté supérieur à 155 milliards de FCFA.
La directrice générale souligne toutefois que cette pérennité dépend notamment du paiement régulier des cotisations, de la déclaration effective de tous les travailleurs, de la bonne gestion des réserves et d’un suivi actuariel régulier.
L’enjeu de l’accès effectif aux droits sociaux
En conclusion, Fatoumata Fofana Soro met en avant plusieurs évolutions du système de protection sociale : une hausse cumulée de 40 % des pensions du secteur privé sur une décennie et une augmentation de l’allocation familiale, passée de 1 500 à 7 500 FCFA.
Elle insiste également sur la nécessité pour chaque assuré de connaître ses droits, de s’assurer que son activité est correctement déclarée et de vérifier son affiliation au régime de protection sociale correspondant.
« La retraite se prépare pendant toute la vie professionnelle », rappelle-t-elle, soulignant que derrière chaque pension se trouvent des années de travail et des familles dont les revenus dépendent de la régularité des prestations.
Source : CICG






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