Dans cette affaire de réforme électorale, ce n’est pas le gouvernement qui affaiblit l’opposition. Ce sont deux de ses principales formations, le PPA-CI et le PDCI-RDA, qui, par leurs propres choix, semblent compromettre la dynamique unitaire nécessaire pour peser dans la refonte du système électoral.
Le PPA-CI, d’abord, a participé aux différentes réunions consacrées à la réforme, pris part aux arbitrages et mobilisé plusieurs de ses cadres. Mais au moment de formaliser l’accord autour du texte commun, le parti n’a finalement pas apposé sa signature, invoquant la nécessité de « consulter la hiérarchie », en l’occurrence Laurent Gbagbo.
Cette décision, intervenue au terme d’un processus auquel le parti avait activement participé, vient interrompre une dynamique collective qui semblait pourtant avoir permis aux différentes composantes de l’opposition de rapprocher leurs positions.
Le PDCI-RDA en cavalier solitaire
Le PDCI-RDA, de son côté, n’a pas véritablement rompu avec la démarche collective. Mais en choisissant de maintenir et de déposer sa propre proposition, présentée comme « aboutie », le plus ancien parti politique ivoirien donne le sentiment de vouloir défendre une architecture qui ne correspond pas totalement à celle retenue dans la proposition commune de l’opposition.
Ce choix pose inévitablement la question de la cohérence de la démarche. Car, dans une négociation portant sur une réforme aussi sensible que celle de l’organe électoral, le poids politique de l’opposition dépend aussi de sa capacité à parler d’une seule voix.
Une opposition en ordre dispersé
Au final, l’opposition risque de se retrouver avec un texte commun privé de la signature du PPA-CI, tandis que le PDCI-RDA défend parallèlement sa propre proposition.
Cette dispersion affaiblit mécaniquement la capacité de l’opposition à constituer un rapport de force suffisamment solide face au pouvoir RHDP.
Le paradoxe est là : le pouvoir n’a peut-être même pas besoin de diviser l’opposition, puisque celle-ci semble parvenir elle-même à exposer ses divergences.
Dans ces conditions, le RHDP se retrouve avec un boulevard devant lui, non pas nécessairement parce qu’il aurait imposé sa force, mais parce que l’opposition peine à transformer ses convergences en une position politique commune et suffisamment contraignante.
La réforme de l’organe électoral pourrait ainsi devenir un nouveau révélateur des difficultés de l’opposition ivoirienne à dépasser les intérêts et stratégies propres à chacune de ses principales formations.
Avec JP Oro








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