Projet emploi jeunes PEJEDEC 3 : des entrepreneurs attendent leur financement malgré le transfert des subventions

Un mois d’attente et une inquiétude grandissante. Des entrepreneurs bénéficiaires du PEJEDEC 3 affirment attendre toujours le versement effectif de leurs subventions, alors que les fonds auraient été transférés aux institutions financières chargées de leur gestion. À Agboville, c’est Celpaid qui est concernée.

Photos : Journées portes ouvertes du Groupe de la Banque Mondiale en action en Côte d’Ivoire, à la patinoire du Sofitel Hôtel Ivoire, Abidjan, les 21 et 22 septembre 2026.

Le dispositif du Projet emploi jeunes et développement des compétences (PEJEDEC 3), financé par la Banque mondiale et mis en œuvre sous la coordination du Bureau de coordination des programmes emploi (BCP-Emploi), repose notamment sur un dispositif de financement décentralisé.

Dans chaque région ou district bénéficiaire, une institution financière partenaire est appelée à intervenir dans le financement et le suivi des bénéficiaires. Il peut s’agir d’une institution de microfinance ou d’une banque. La documentation du BCP-Emploi confirme ce principe de contractualisation entre les régions ou districts et leurs partenaires financiers. (Scribd)

Ainsi, selon les informations recueillies auprès des bénéficiaires, les partenaires financiers ne sont pas les mêmes selon les zones. À Abidjan, Fin’elle intervient dans le dispositif, tandis qu’à Agboville, dans la région de l’Agnéby-Tiassa, c’est Celpaid qui assure ce rôle.

5 millions FCFA par entrepreneur

Le montage financier présenté aux bénéficiaires prévoit un financement global de 5 millions de FCFA.

Celui-ci comprendrait :

  • 3 millions de FCFA de subvention ;
  • 1,5 million de FCFA de crédit accordé par la microfinance partenaire ;
  • 500 000 FCFA d’apport personnel de l’entrepreneur.

Sur le papier, le mécanisme doit donc permettre au bénéficiaire de disposer de 5 millions de FCFA pour mettre en œuvre son projet.

Mais à Agboville, plusieurs bénéficiaires affirment que la situation est aujourd’hui beaucoup moins simple.

La subvention serait arrivée chez Celpaid depuis un mois

Selon les témoignages recueillis, les 3 millions de FCFA de subvention auraient été transférés à Celpaid depuis environ un mois.

Pourtant, certains entrepreneurs disent attendre toujours la mise à disposition effective de leurs fonds.

Cette attente commence à devenir particulièrement préoccupante pour ceux qui avaient déjà commencé à prendre des engagements financiers en prévision du décaissement.

Certains auraient commandé du matériel, engagé des dépenses ou pris des engagements auprès de fournisseurs, convaincus que les financements annoncés allaient rapidement être disponibles.

Aujourd’hui, ces entrepreneurs se retrouvent sous pression.

Pourquoi un tel délai ?

La question devient dès lors difficile à éviter : si les fonds ont effectivement été transférés à l’institution financière partenaire, qu’est-ce qui explique le délai dans leur reversement aux bénéficiaires ?

S’agit-il de contrôles administratifs supplémentaires ? De pièces manquantes ? De procédures internes à Celpaid ? D’un problème lié au crédit complémentaire de 1,5 million de FCFA ? Ou d’une autre étape du mécanisme de financement ?

Pour l’heure, ces questions restent posées.

Et elles sont d’autant plus importantes que le financement n’est pas constitué uniquement de la subvention.

Le bénéficiaire doit également apporter 500 000 FCFA de fonds propres, tandis que 1,5 million de FCFA doivent être mobilisés sous forme de crédit auprès de la microfinance partenaire.

Un système différent selon les régions

Le choix d’un partenaire financier différent selon les régions soulève également une autre question : selon quels critères ces institutions financières [parfois inconnues] sont-elles sélectionnées ?

Pourquoi Fin’elle à Abidjan et Celpaid à Agboville ? Quels sont les critères techniques, financiers ou géographiques ayant conduit à ces choix ? Existe-t-il une procédure de sélection ou une convention spécifique entre le BCP-Emploi, les collectivités et chaque institution financière ?

La documentation du projet confirme que les régions et districts bénéficiaires contractualisent avec des partenaires financiers pour assurer le financement des jeunes et le suivi des fonds. Elle fait également état, dans les précédentes phases du dispositif, de difficultés liées à la collaboration avec certaines institutions financières et à la mise à disposition des financements.

Cette question mérite donc d’être éclaircie, particulièrement à l’approche de la fin de la phase du projet.

Les entrepreneurs ne demandent pas un privilège

Pour les bénéficiaires rencontrés, l’enjeu est simple : pouvoir disposer des fonds qui leur ont été attribués afin de commencer effectivement leurs activités.

Ils ne demandent pas nécessairement un traitement particulier. Ils veulent comprendre le processus et connaître surtout la date à laquelle ils pourront enfin disposer de leur argent.

Car derrière chaque dossier, il y a un projet, des idées, des espoirs, des investissements déjà envisagés et, dans certains cas, des engagements financiers pris sur la base du calendrier annoncé.

Le retard devient alors plus qu’une simple question administrative : il peut fragiliser directement les entrepreneurs que le programme est précisément censé accompagner.

Celpaid et le BCP-Emploi attendus sur des explications

Une clarification officielle apparaît désormais nécessaire.

À quelle date les fonds ont-ils été transférés à Celpaid ? Combien de bénéficiaires d’Agboville ont déjà reçu leur subvention ? Combien restent en attente ? Quelles sont les raisons précises du délai ? Et quand les entrepreneurs encore en attente seront-ils effectivement payés ?

Autant de questions auxquelles Celpaid et le BCP-Emploi pourraient utilement répondre.

Car dans un programme financé par la Banque mondiale et destiné à favoriser l’autonomisation économique des jeunes, le financement ne produit ses effets que lorsqu’il arrive effectivement entre les mains de ceux pour lesquels il a été mobilisé et non quand il est utilisé à d’autres fins par des microfinances.

Photo Une: Visite des ministres Adama Kamara et Touré Mamadou aux Journées portes ouvertes du Groupe de la Banque Mondiale en Côte-d’Ivoire, Sofitel hotel Ivoire, Abidjan, le 22 septembre 2026. 

 

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