Bocanda : à Koliakro, l’orpaillage clandestin menace les terres, l’école et l’avenir du village

Autrefois connue pour ses activités agricoles, la région du N’Zi est confrontée à une progression de l’orpaillage clandestin qui inquiète les populations. À Koliakro, dans le département de Bocanda, habitants et acteurs locaux dénoncent les conséquences de cette activité sur les terres, les cours d’eau et la scolarisation des enfants.

À Koliakro, le constat dressé par les habitants est préoccupant. Des espaces autrefois consacrés à l’agriculture seraient désormais occupés par des sites d’exploitation aurifère clandestine. Les populations dénoncent la dégradation des terres et des cours d’eau ainsi que les conséquences sociales de cette activité sur la vie du village.

L’orpaillage n’est pas illégal en soi lorsqu’il est pratiqué dans le respect du cadre réglementaire. C’est son exercice clandestin, en dehors des autorisations et des règles prévues par la législation, qui constitue un problème pour les autorités et les communautés concernées.

Des enfants attirés par les sites d’orpaillage

À Koliakro, plusieurs témoignages font état d’une présence croissante de jeunes sur les sites d’orpaillage. Certains enfants et adolescents seraient ainsi tentés de délaisser l’école pour rechercher de l’or.

Cette situation inquiète les parents et les responsables locaux, qui redoutent les conséquences à long terme d’une déscolarisation d’une partie de la jeunesse.

Au-delà de l’éducation, les habitants s’inquiètent également de l’avenir des activités agricoles. Des terres auraient été creusées et dégradées par les opérations d’extraction, réduisant les superficies disponibles pour les cultures.

Des terres agricoles sous pression

Le cacao, le café et les cultures vivrières constituent traditionnellement des activités importantes dans cette partie du pays. La multiplication des sites d’orpaillage clandestin fait toutefois peser une pression supplémentaire sur le foncier agricole.

Les habitants dénoncent notamment les excavations laissées après l’exploitation et la dégradation de certains cours d’eau. Les techniques utilisées sur les sites d’orpaillage peuvent également présenter des risques environnementaux, notamment lorsque des substances chimiques sont utilisées sans contrôle.

Ces préoccupations soulèvent la question de la restauration des terres exploitées et de la protection durable des ressources en eau.

« Rendez-nous notre quiétude »

À Koliakro, la demande des habitants ne porte pas uniquement sur la répression de l’orpaillage clandestin. Ils souhaitent également des mesures permettant de restaurer les terres dégradées et de protéger les activités agricoles.

Ils demandent surtout que leurs enfants puissent retrouver durablement le chemin de l’école.

Pour les populations, l’enjeu dépasse donc la seule exploitation de l’or. Il concerne également l’avenir économique et social du village. Certains habitants souhaitent que la jeunesse puisse accéder à une formation lui permettant, à terme, d’occuper des emplois qualifiés dans le secteur minier légal, plutôt que de se retrouver sur des sites clandestins.

La situation de Koliakro pose ainsi une question plus large : comment concilier l’exploitation des ressources minières avec la préservation des terres agricoles, de l’environnement et de l’éducation des jeunes ?

Face aux inquiétudes exprimées par les populations, une réponse durable passe notamment par le contrôle des activités clandestines, la protection des zones agricoles et la restauration des espaces déjà dégradés.

Avec LeMeridien

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