Kossandji : nouveaux dons aux populations, les corps des victimes remis aux familles pour inhumation

De nouveaux dons ont été remis, mercredi 9 septembre 2026, aux populations de Kossandji, toujours confrontées aux conséquences des événements tragiques survenus dans le village les 4 et 5 août derniers.

La Fédération des mutuelles de la Mé (FEMUMÉ) a notamment procédé à un don de kits scolaires destinés aux enfants du village. De leur côté, les élus de la région de la Mé, notamment des maires et députés, ont apporté une contribution financière d’un montant de 1,250 million de FCFA.

Ces nouvelles actions de solidarité interviennent dans un contexte particulièrement difficile pour les habitants de Kossandji. Traumatisées par les violences du début du mois d’août et préoccupées par la situation sécuritaire, de nombreuses populations n’osent toujours pas s’aventurer dans leurs plantations.

La situation touche également les populations vivant dans les nombreux campements environnants, éparpillés dans les forêts autour de Kossandji. La peur continue de peser sur les déplacements entre les campements, les plantations et le village.

À quelques jours de la rentrée, l’inquiétude pour les enfants

Cette insécurité a désormais des conséquences sur la scolarisation des enfants. Dans certains campements, des parents et leurs enfants hésitent à effectuer les trajets nécessaires pour rejoindre les établissements scolaires, alors que la rentrée des classes est prévue dès le 14 septembre.

Le problème dépasse ainsi la seule question de l’aide matérielle pour la rentrée. Pour certaines familles, il s’agit désormais de savoir dans quelles conditions les enfants pourront reprendre le chemin de l’école en toute sécurité.

Dans le même temps, l’impossibilité ou la crainte de retourner régulièrement dans les plantations prive de nombreux habitants de leurs principales sources de revenus. Les difficultés d’approvisionnement commencent à se faire sentir, avec notamment une pénurie de vivres, tandis que les parents éprouvent davantage de difficultés à financer la scolarité de leurs enfants, au village comme en ville.

C’est finalement toute la vie communautaire qui s’est effritée depuis les événements des 4 et 5 août. Les déplacements sont réduits, les activités agricoles fortement perturbées et l’activité économique locale est quasiment au point mort. Dans cette zone où l’agriculture constitue l’un des principaux moyens de subsistance, l’absence prolongée des populations dans leurs plantations risque d’accentuer encore les difficultés économiques et alimentaires.

Les corps des victimes autorisés à être remis aux familles

Parallèlement, la procédure concernant l’inhumation des victimes a connu une évolution. Dans un courrier daté du 28 août 2026, le chef du village de Kossandji a saisi le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abobo afin de solliciter la mise à disposition des corps des victimes.

Le document rappelle que sept personnes ont perdu la vie lors des événements des 4 et 5 août. En raison des circonstances des décès et des nécessités de l’enquête, les dépouilles de six victimes étaient jusque-là demeurées à la disposition de la justice. Les familles avaient exprimé leur souhait de récupérer les corps afin d’organiser les obsèques de leurs proches.

Le 1er septembre 2026, le parquet d’Abobo a donné suite à cette demande. Dans un « soit-transmis » adressé au commandant de la Brigade de gendarmerie d’Alépé, le procureur a demandé de procéder à la remise des corps aux familles en vue de leur inhumation, après un examen externe effectué par un médecin et la délivrance du certificat correspondant.

Cette décision ouvre ainsi la voie à l’organisation des obsèques des victimes, plus d’un mois après les événements qui ont endeuillé Kossandji.

Les dons de kits scolaires et l’aide financière apportée aux populations interviennent donc dans une communauté qui tente de retrouver progressivement une vie normale. Mais au-delà de l’assistance immédiate, la principale préoccupation demeure la sécurité : celle des agriculteurs qui doivent retourner dans leurs plantations, celle des habitants des campements forestiers et, à quelques jours de la rentrée scolaire, celle des enfants qui doivent reprendre le chemin de l’école.

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