Les moustiques sont souvent associés aux nuits agitées, entre bourdonnements près des oreilles et démangeaisons au réveil. Mais pourquoi semblent-ils particulièrement attirés par leurs victimes une fois la nuit tombée ? La réponse tient notamment à leur rythme biologique et à leur capacité à détecter les odeurs émises par le corps humain.
Contrairement à une idée répandue, les moustiques ne piquent pas uniquement la nuit. Leur période d’activité varie selon les espèces. Certains sont particulièrement actifs le soir et pendant la nuit, tandis que d’autres peuvent piquer en pleine journée.
Pour de nombreuses espèces nocturnes, cependant, le crépuscule, la nuit et les premières heures du matin constituent des moments particulièrement favorables à la recherche d’un repas sanguin.
La nuit, un odorat particulièrement efficace
Pour trouver leurs victimes, les moustiques disposent de plusieurs armes. Ils sont notamment capables de détecter le dioxyde de carbone (CO₂) rejeté lorsque nous respirons, mais également différentes substances chimiques provenant de la peau et de la transpiration.
Une étude publiée en 2013 a montré que chez certaines espèces, la sensibilité du système olfactif évolue au cours de la journée sous l’influence de leur horloge biologique. Chez les moustiques étudiés, certaines protéines impliquées dans la perception des odeurs atteignaient des niveaux plus élevés pendant la période correspondant à leur activité nocturne.
Autrement dit, la nuit peut être le moment où certaines espèces de moustiques sont biologiquement les mieux équipées pour repérer l’odeur de leurs victimes.
Cela permet de comprendre pourquoi une personne endormie peut rapidement devenir une cible : respiration régulière, chaleur corporelle et odeurs de la peau constituent autant de signaux susceptibles de guider l’insecte.
Tous les moustiques ne piquent pas la nuit
Il faut toutefois apporter une nuance importante. Dire que « les moustiques ne piquent que la nuit » est inexact.
Les moustiques du genre Anopheles, responsables de la transmission du paludisme, sont principalement actifs entre le crépuscule et l’aube. C’est notamment pour cette raison que dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide constitue une mesure importante de prévention dans les régions où le paludisme est présent.
À l’inverse, Aedes aegypti et Aedes albopictus, le fameux moustique tigre, sont surtout actifs pendant la journée, avec généralement une activité importante le matin et en fin d’après-midi. Ces moustiques peuvent transmettre plusieurs maladies virales, notamment la dengue, le chikungunya ou la fièvre jaune.
Pourquoi certaines personnes se font-elles davantage piquer ?
Même lorsque plusieurs personnes se trouvent dans une même pièce, elles ne semblent pas toujours attirer les moustiques de la même manière.
Le CO₂ expiré, la température corporelle, la transpiration ainsi que la composition chimique et microbienne de la peau participent à l’attractivité d’une personne. Les moustiques utilisent donc une combinaison de signaux pour sélectionner et localiser leur cible.
Et contrairement à une autre idée reçue, ce sont les moustiques femelles qui piquent. Elles recherchent le sang parce que ses nutriments sont nécessaires au développement de leurs œufs. Les mâles, eux, se nourrissent principalement de substances végétales comme le nectar.
La nuit reste un moment clé pour se protéger
Dans les régions touchées par le paludisme, la période nocturne demeure donc particulièrement importante en matière de prévention. L’utilisation correcte de moustiquaires, la limitation des points d’entrée des moustiques dans les habitations et l’élimination des eaux stagnantes autour des maisons contribuent à réduire l’exposition.
Si les moustiques semblent avoir une prédilection pour nos nuits, ce n’est donc pas un hasard : chez plusieurs espèces, leur horloge biologique fait précisément coïncider leur période de chasse avec le moment où leurs capacités sensorielles sont particulièrement adaptées à la recherche d’un hôte.






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