Côte d’Ivoire : le gouvernement veut garantir les mêmes chances de survie à tous les patients atteints de cancer

À l’occasion d’Octobre Rose, mois consacré à la sensibilisation au cancer du sein, la Côte d’Ivoire met en avant les efforts engagés pour améliorer l’accès aux soins en cancérologie. Gratuité de certains médicaments anticancéreux, prise en charge sociale et soins d’accompagnement : le gouvernement entend réduire les inégalités face à la maladie et donner aux patients de meilleures chances de survie.

Chaque année, le mois d’octobre, paré de rose, offre l’occasion de rappeler l’importance de l’autopalpation, du dépistage précoce et de l’accès aux traitements. Il est également un moment de sensibilisation et d’espoir pour les personnes atteintes de cancer et leurs familles.

Au 31 décembre 2025, le Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO), structure de référence en matière de prise en charge du cancer en Côte d’Ivoire, avait accueilli 15 936 patients depuis son ouverture. Derrière ces chiffres se trouvent des personnes et des familles dont le quotidien est profondément bouleversé par la maladie, dans l’attente d’une rémission, voire d’une guérison.

Au-delà des défis thérapeutiques, l’humanisation des soins occupe désormais une place centrale dans la prise en charge. La politique sociale, la gratuité de certains médicaments anticancéreux et le développement des soins de support constituent les principaux piliers de cette approche.

Le modèle ivoirien présenté à l’international

Une délégation ivoirienne a participé à la 70e Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), tenue à Vienne, en Autriche, pour présenter cette expérience. Le modèle du CNRAO place la dignité du patient au cœur du parcours de soins et vise à lever les obstacles financiers qui limitent l’accès aux traitements.

Cette prise en charge repose sur cinq piliers : la prévention et le dépistage, un plateau technique avancé, la concertation pluridisciplinaire pour sécuriser les décisions thérapeutiques, les soins d’accompagnement et l’accessibilité financière.

Grâce à des partenariats, les patients pris en charge dans les établissements publics peuvent également bénéficier de traitements innovants.

En 2014, le gouvernement ivoirien a conclu un partenariat avec le laboratoire Roche. Initialement limité à un seul médicament anticancéreux, cet accord a progressivement été élargi. Depuis 2019, il couvre l’ensemble des médicaments anticancéreux de ce laboratoire, y compris les nouvelles thérapies ciblées et l’immunothérapie.

Certains de ces médicaments, dont le coût varie entre 1,5 million et 4,2 millions de francs CFA, doivent être administrés par perfusion tous les 14 ou 21 jours pendant au moins un an. Ils sont entièrement gratuits pour les patients ivoiriens soignés dans le secteur public lorsque leur utilisation est médicalement justifiée.

Dans le cadre de ce dispositif, le laboratoire consent une réduction moyenne de 55 % sur ses prix, tandis que l’État prend en charge le montant restant. À cette gratuité de certains traitements s’ajoute une politique sociale permettant aux patients de recevoir leurs soins avant de procéder au paiement, afin de limiter les obstacles financiers.

À travers ces mesures, le gouvernement réaffirme son ambition de donner aux malades, quelle que soit leur condition sociale, les mêmes chances d’accéder aux traitements et de lutter contre une maladie dont le coût peut lourdement affecter les familles.

Des soins qui vont au-delà du traitement médical

Au CNRAO, la prise en charge ne se limite pas aux médicaments et aux interventions médicales. Une unité de soins d’accompagnement propose plusieurs services : soutien psychologique, assistance sociale, activités sportives, kinésithérapie, socio-esthétique, trichologie — consacrée notamment à la santé du cuir chevelu et de la chevelure —, nutrition et accompagnement spirituel.

En 2019, la Fondation L’Oréal, en France, a contribué à l’équipement de la cabine de socio-esthétique et à la formation des onze premières socio-esthéticiennes spécialisées en cancérologie en Afrique subsaharienne.

« La personne est traitée de façon holistique, aussi bien pour les soins médicaux que dans les autres soutiens non médicamenteux. C’est notre façon de lui dire qu’elle peut s’en sortir et qu’il y a des possibilités de guérison au bout de tous ces traitements », explique la directrice du CNRAO, la professeure Judith Didi-Kouko Coulibaly.

La structure dispose également d’un centre de nutrition baptisé Dominique Ouattara, grâce à un don de la Fondation SIFCA. Selon les informations communiquées, il s’agit du premier centre de ce type consacré à la nutrition en cancérologie dans un hôpital public de la sous-région.

Cette approche globale vise à améliorer le bien-être des patients tout au long de leur parcours thérapeutique et à mieux les accompagner face aux difficultés physiques, psychologiques et sociales liées à la maladie.

Le dépistage précoce, un enjeu majeur

L’amélioration de l’accès aux soins doit aller de pair avec le dépistage précoce, qui demeure un levier essentiel de la lutte contre le cancer. Plus la maladie est détectée tôt, plus les possibilités de traitement sont généralement favorables.

Les données communiquées par le CICG font état d’un taux de survie à cinq ans de 85 % pour un cancer du sein détecté précocement et de 93 % pour un cancer de la prostate découvert tôt. Le chiffre indiqué pour le cancer du col de l’utérus, en revanche, mérite d’être vérifié auprès de la source avant publication.

En renforçant la prévention, l’accès aux traitements et l’accompagnement humain, la Côte d’Ivoire entend ainsi réduire les inégalités face au cancer. L’enjeu est de faire en sorte que les ressources financières d’un patient ne déterminent pas ses chances de bénéficier des soins nécessaires.

CICG

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