Décentralisation et développement local : le PPA-CI veut redonner davantage de pouvoirs aux collectivités

« Transférer une responsabilité sans transférer les moyens de l’assumer, c’est transférer une charge plutôt qu’une compétence. » Face à la presse, mardi 18 août 2026 à Abidjan, l’ambassadeur du Pacte social, en charge du pilier « Décentralisation et du Développement local » par ailleurs Secrétaire général adjoint du PPA-CI Oualo jean luc a placé la question des moyens au cœur de son plaidoyer pour une décentralisation plus efficace.

Pour le conférencier, l’enjeu va bien au-delà d’un simple transfert administratif de compétences. « Il est nécessaire de passer d’une décentralisation des compétences à une réelle décentralisation du pouvoir, des ressources, des capacités et des responsabilités », a-t-il soutenu. Cette perspective exige, à ses yeux, de clarifier les rôles de l’État, des régions et des communes, ainsi que de limiter le chevauchement des compétences.

L’autonomie financière constitue également l’un des points forts de son intervention. « L’autonomie locale ne doit pas seulement être proclamée ; elle doit être financée », a-t-il insisté. Parmi les pistes avancées : renforcer les ressources propres des collectivités, digitaliser le recouvrement, mieux valoriser le patrimoine et le foncier et développer les partenariats public-privé.

Mais disposer de ressources ne suffit pas. Le conférencier préconise également de renforcer les capacités des élus et des agents territoriaux, notamment en matière de finances locales, de gestion de projets, de marchés publics, de planification territoriale et de développement économique local. « Nous devons également passer progressivement d’une collectivité qui administre à une collectivité qui développe », a-t-il souligné.

Dans cette perspective, il propose une meilleure valorisation des potentialités de chaque territoire — agriculture, pêche, élevage, tourisme, artisanat, commerce ou encore économie numérique — afin de les transformer en projets créateurs d’emplois et de richesses. Il défend également le renforcement de l’intercommunalité, de la participation citoyenne et de la transparence dans la gestion locale.

Sur les relations entre l’État et les collectivités, le conférencier appelle enfin à un changement de méthode. « L’État doit progressivement passer de la tutelle à l’accompagnement, de l’exécution directe à la régulation, de la concentration des décisions à la subsidiarité », a-t-il plaidé.

Par ces propositions, le conférencier esquisse une décentralisation axée sur la proximité, l’autonomie et la responsabilité. Son objectif est clair, transformer les collectivités en moteur de développement, aptes à convertir le potentiel de leurs territoires en opportunités réelles pour les citoyens.

JJ Boussou

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