Bras de fer avec la CPI : les États-Unis sanctionnent sa présidente et le procureur sénégalais Abdoulaye Seye

Les États-Unis durcissent une nouvelle fois le ton contre la Cour pénale internationale (CPI). Washington a annoncé des sanctions contre deux responsables de l’institution basée à La Haye : sa présidente, la juge japonaise Tomoko Akane, et le Sénégalais Abdoulaye Seye, membre de l’équipe du procureur.

Selon le secrétaire d’État américain Marco Rubio, les deux responsables sont impliqués dans des démarches visant à enquêter, arrêter ou poursuivre des ressortissants de pays qui ne reconnaissent pas la compétence de la CPI.

Les sanctions américaines entraînent notamment le gel de leurs éventuels avoirs aux États-Unis et peuvent fortement compliquer leur accès au système financier international, largement dépendant des institutions américaines.

Le dossier Netanyahu au cœur du bras de fer

Les États-Unis ne reconnaissent pas la juridiction de la CPI et s’opposent depuis longtemps à ce que des citoyens américains puissent être poursuivis par la Cour sans le consentement de Washington.

Mais le bras de fer s’est considérablement durci après les mandats d’arrêt délivrés en 2024 contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant. La CPI les accuse de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en lien avec la guerre à Gaza.

Abdoulaye Seye fait partie de l’équipe du procureur impliquée dans la procédure ayant conduit à ces mandats.

La CPI sous pression américaine

Les tensions entre Washington et la juridiction internationale ne datent toutefois pas de la guerre à Gaza. La CPI avait déjà ouvert une enquête sur de possibles crimes commis en Afghanistan impliquant notamment des militaires américains, des membres de la CIA, les talibans et d’autres groupes armés.

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a intensifié la pression sur l’institution. Le procureur de la CPI, Karim Khan, a notamment été visé par des sanctions américaines, avec des conséquences sur son accès à certains services financiers et numériques.

Marco Rubio avait récemment prévenu que les États-Unis étaient prêts à aller encore plus loin, déclarant que Washington pourrait, si nécessaire, démanteler la CPI « pierre par pierre ».

En visant désormais directement la présidente de la Cour et un membre sénégalais de l’équipe du procureur, Washington franchit une nouvelle étape dans son affrontement avec la justice pénale internationale.

Avec NOS Pays-Bas

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