Scandale des 39 milliards FCFA: un rapport d’inspection de la DGI et une lettre de la SCCI avaient déjà donné l’alerte

Le rapport alertait sur plusieurs mécanismes de fraude et de graves défaillances dans les dispositifs de contrôle interne.

Ce qui n’apparaissait, à l’époque, que comme une série de « dysfonctionnements majeurs de gestion » prend aujourd’hui une tout autre dimension. Plusieurs mois avant l’éclatement du scandale présumé portant sur plus de 39 milliards de FCFA, un rapport de synthèse issu du séminaire bilan de la Direction générale des Impôts (DGI) à Yamoussoukro mettait déjà en lumière des failles profondes dans les mécanismes de contrôle de l’administration fiscale.

À travers les conclusions des missions d’audit interne, le document dressait un état des lieux préoccupant, révélant des pratiques susceptibles de favoriser des détournements de fonds, des irrégularités comptables et des fraudes financières.

Des alertes internes sans concession

L’une des interventions les plus marquantes du séminaire fut celle de Koné Paul, Inspecteur général adjoint des services fiscaux. Chargé de présenter les résultats des missions d’inspection ciblées, il a exposé devant la hiérarchie de la DGI un diagnostic particulièrement sévère sur l’état des dispositifs de contrôle interne.

Le rapport relevait notamment plusieurs insuffisances dans les procédures de gestion et de supervision, mettant en garde contre des mécanismes de fraude financière susceptibles de fragiliser durablement la gouvernance de l’administration fiscale.

Parmi les éléments illustrant ces failles figure une correspondance datée du 23 décembre 2025, adressée par la Société Ciment Côte d’Ivoire (SCCI) au directeur général de la Banque Malienne de Solidarité Côte d’Ivoire (BMS-CI). En réponse à une demande de vérification portant sur la société BACHIRA SARL, la SCCI affirme, après contrôle de ses services, que cette entreprise « ne figure pas dans notre base de données clients ». La société précise également que le contrat de vente de ciment présenté pour authentification « ne correspond à aucun de nos formats de contrats en vigueur actuellement ». La SCCI demande enfin à la banque de lui transmettre l’ensemble des informations dont elle dispose sur BACHIRA SARL afin de déterminer les suites à donner à cette affaire. Ce document met en évidence les contrôles engagés par plusieurs acteurs dès la fin de l’année 2025 sur des opérations susceptibles de présenter des irrégularités.

À la lumière des développements judiciaires intervenus depuis, ces constats apparaissent aujourd’hui comme les premiers signaux d’alerte d’une affaire qui allait éclater quelques mois plus tard et secouer la Direction générale des Impôts.

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