Alors que les forces de sécurité multiplient les opérations de démantèlement contre les sites d’orpaillage clandestin, une évaluation stratégique interne révèle les limites de cette approche. En cinq ans, près de 4 600 milliards de FCFA d’or auraient échappé aux circuits officiels, tandis que seulement 0,13 % de la production illégale aurait été interceptée.
Entre 2021 et le premier semestre 2026, le Groupement de Sécurité contre l’Orpaillage Illégal (GS-LOI) a intensifié sa lutte contre l’exploitation clandestine de l’or. Le bilan officiel fait état de plus de 8 500 sites démantelés, 4 474 personnes déférées devant la justice et près d’un milliard de FCFA de matériels et d’avoirs saisis.
Ces résultats traduisent une activité opérationnelle soutenue sur le terrain. Toutefois, selon une note d’évaluation stratégique confidentielle datant de juillet 2026, l’impact réel de cette stratégie sur l’économie de l’or clandestin demeure très limité.
Une production clandestine largement hors de portée
Le document estime qu’environ 710 tonnes d’or ont été extraites illégalement entre 2021 et mi-2026. Dans le même temps, les autorités n’auraient réussi à saisir que 136 kilogrammes, soit un taux d’interception d’environ 0,13 %.
À l’échelle économique, la valeur de cette production clandestine est estimée à près de 4 600 milliards de FCFA, une manne financière qui échappe largement à l’État et alimente des circuits informels.
Des sites détruits, mais un phénomène en expansion
Autre enseignement de cette évaluation : malgré les opérations de destruction, le phénomène ne recule pas durablement. Les exploitants clandestins se déplacent vers d’autres zones ou reconstituent rapidement leurs installations.
Ainsi, le nombre de sites clandestins actifs serait passé de 801 en 2023 à plus de 1 600 en mai 2026, illustrant la capacité d’adaptation des réseaux impliqués.
Repenser la stratégie
Au-delà des opérations de terrain, le document souligne la nécessité de s’attaquer aux filières de financement, de collecte, de transport, de contrebande et de commercialisation de l’or illégal.
Cette analyse suggère qu’une réponse essentiellement sécuritaire, bien qu’elle perturbe ponctuellement l’activité des exploitants clandestins, ne suffit pas à démanteler les circuits économiques qui soutiennent ce trafic. Une approche combinant renseignement financier, contrôle des circuits commerciaux, coopération régionale et poursuites contre les organisateurs des réseaux pourrait s’avérer plus efficace pour réduire durablement l’ampleur du phénomène.






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